Petit retour en arrière. Déjà fort d’un succès raisonnable aux États-Unis, Bad Wolves s’est surtout fait connaître sur la scène internationale en 2018 dans des circonstances dramatiques : quelques jours après la disparition de Dolores O’Riordan (The Cranberries) la presse people anglaise diffusait un message vocal daté de la nuit fatidique dans lequel elle confirmait un featuring sur la reprise de « Zombie » par Bad Wolves. Le groupe sortait un mois plus tard le clip vidéo de la reprise en question - par ailleurs excellente. 270 millions de vues à ce jour. Si le morceau a connu un beau succès commercial, l’album Disobey, d’un autre registre évidement et pourtant de très bonne facture, n’en a pas vraiment profité. La preuve en chiffres : « à peine » 17 millions de vues à ce jour pour le single « Remember When ». Et c’est bien dommage ! (Pour l'album, pas tellement pour ce titre-là.)
On arrive en octobre 2019 avec la sortie d’un second album, N.A.T.I.O.N., que j’attendais donc impatiemment. Avec la question suivante : Bad Wolves transforme-t-il l’essai de Disobey et capitalise-t-il sur la renommée acquise ?

L’intro du disque est prometteuse : un riff de guitare saccadé comme un décompte avant l’explosion, vite rejoint par une batterie pleine d’entrain ainsi qu’une ligne de basse énervée et puis, effectivement, après un temps d’arrêt, l’explosion avec plusieurs changements de rythme à la chaîne, un couplet déclamé à toute vitesse et un refrain chanté. En résulte un mélange aussi unique qu’indescriptible de metal alternatif, de hardcore, de djent, de neo-metal, de groove metal - précisément le kiff de l’album Disobey. Quant aux paroles, « I’ll Be There » est aussi explicite que le titre laisse supposer. Bad Wolves est là pour en découdre, confronter les injustices, et compte bien partager sa motivation. Ça s’annonce bien !
Sauf que, très vite, on déchante... Après une telle débauche d’énergie, le rythme plus calme d’un « No Messiah » beaucoup trop conventionnel vient déjà entacher mon entrain. Et ce ne sont pas les morceaux « Learn To Walk Again », « Killing Me Slowly » et « Better Off This Way » qui y changeront quoi que ce soit car ils souffrent tous des mêmes maux en plus de se succéder. Des morceaux de cet acabit, même s’ils ont bons, on peut en trouver des milliers ailleurs, et ce n’est pas ça qu’on est venus chercher sur ce disque. Les grands méchants loups seraient-ils devenus de gentils toutous ?
Heureusement qu’on peut compter sur « Foe or Friend » (et encore, il faut pouvoir tolérer ces choeurs de pom-pom girls) pour relancer la machine. Cris rauques, riffs ravageurs, multiples changements de rythmes - c’est là que Bad Wolves excelle. Quand il y a tellement d’énergie qu’on ne sait plus quoi en faire. Avec « The Consumerist » et « L.A. Song », ça fait seulement 4 morceaux sur 12 qui donnent envie de défoncer les murs. Définitivement trop peu pour sauver l’album, ou en tout cas me le faire préférer à son prédécesseur, mais juste assez pour me convaincre de donner une troisième chance à Bad Wolves.
En croisant les doigts pour qu’ils cessent d’agiter la queue et montrent plutôt les crocs.
Bad Wolves, Album, Chronique, Heavy metal, Groove metal, Tommy Vext

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