Le single déjà connu et entendu – Different Creatures – fait office de lancement. Sans surprise on retrouve le Lysistrata déjà vu, même si une certaine Laconie s’est accentuée sans gêne tout comme la puissance expulsée. Des longues montées, des métaphores à fleur de peau, une explosion distordue, on ne découvre rien sur cette première piste. En revanche c’est par la suite que l’on va réaliser l’ampleur de la tension, et surtout de la catharsis, qui arrive. Avec Death By Embarassement et Boot on a Thistle on se prend un vent puissant et glaçant. Rythme effréné, break jusqu’à bout de souffle : Lysistrata se défoule. Un plaisir d’avoir des morceaux de 3-4min uniquement de riff rapides et tranchants.
D’un autre côté, on trouve de l’équilibre avec Scissors et End of the Line. On évite les longues tirades composées de plusieurs montées, explosions et refrains. Ben libère ses textes derrière sa batterie lorsque le rythme et les notes aiguës de Théo offrent de l’espace à la parole. Le jeune trio s’est adoubé des codes très alternatifs et de sa longueur au profit de rythmiques plus concentrées selon les titres. On pourrait penser qu’après cinq titres la formule s’essoufflera, mais non, Lysistrata a épuré ses compositions et varié les notes. Les cas d’écoles en première partie d’album vont ouvrir la voie à des puissants morceaux comme Mourn, Everyone Out ou Against the Rain : trois titres à désormais citer pour présenter ce groupe. Une autre émotion que celle de The Thread est là non pas plus mature, mais plus réfléchie que l’impulsivité touchante vécue il y a deux ans.
L’album va se clôturer par Middle of March, débuté par un enregistrement grésillant d’une voix, celle de Ben. Un spoken word difficilement audible qui dure plusieurs minutes, accompagné par quelques notes de guitare. S’en suit un riff final poussé par la batterie dans une longue montée, avant une expulsion chaotique et un silence instrumental. Seul ce discours incompréhensible à l’écoute persiste, le trio reprend sa folie qui pousse les instruments jusqu’au bout, tout comme l’auditeur. Une ultime exaltante après six minutes de tension, et voilà que Lysistrata arrive au bout de sa performance, comme toujours : sur les genoux, mais libéré.
On termine donc Breathe In/Out comme un de leurs concerts, un final qui veut donner toutes ses forces, tous ses maux. Voilà désormais l’élément manquant au jeune trio pour parvenir à des sets très varier et sans lasser de par les mêmes morceaux. Une diversité calculée qui offre autant de chaos que de mélancolie : Lysistrata, tu as un bel avenir.
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Lysistrata