Après un long hiatus de cinq ans, les britanniques reprennent du service avec un cinquième missile répondant au doux nom de Cycle of Suffering (2020). Pour l’occasion, vous pouvez faire vos adieux studio au batteur Rob Callard et au bassiste Carl Parnell qui sont remplacés par Ali Richardson à la batterie et Conor Marshall à la basse –Richardson avait déjà été intégré en 2014 mais n’était pas crédité sur Dormant Heart sorti au tout début de l’année 2015. Après une absence prolongée et un remplacement de la moitié des membres, ce retour inattendu annoncé durant le premier trimestre 2019 n’était pas sans susciter des interrogations craintives.
La période d’hibernation a visiblement été mise à profit par les britanniques pour redéfinir leur orientation. L’approche qui puisait aux sources de thrash et du death metal mélodique ayant probablement atteint l’optimum qu’ils étaient en droit de nous proposer, cette nouvelle fournée ne pouvait que s’apparenter à une forme de rupture.
Cycle Of Suffering se rappelle au bon souvenir de la période des EPs Casting Shadows (2006) et The Surpreme Oppressor (2007), soit là où tout a commencé. Nous nous rapprochons d’une orientation metalcore, avec des riffs simples et efficaces –deux adjectifs trop souvent décriés.
Ne soyez pas effrayé, Sylosis reste cohérent dans son évolution. Ainsi, bien que Shield offre des breakdowns dignes d'Architects, la partie vocale est vigoureuse et s'accompagne de rafales de notes qui font honneur à leur racine thrash metal. Au rayon thrash moderne, on relèvera également Invidia dont le chant dur rassurera les sceptiques.
Quant est-il de la technicité qui a tant marquée l’histoire de la formation me direz-vous ? Je vous répondrai qu’à l’image du meilleur des orateurs, Sylosis a l’art de faire paraître simple des compositions complexes. On prendra en illustration Arms Like a Noose qui, malgré ses multiples sections d’une technicité à vous donner le tournis, s’ingurgite comme du petit-lait.
Pour finir d’achever la bête blessée par les douze colosses à digérer, la finesse se glisse partout par l’intermédiaire d’instants mélodiques distillés avec parcimonie. Fil conducteur tout au long de cinquante minutes qui composent cette nouvelle salve, ils ont le don de vous faire dresser les poils sur chaque partie du corps, un pur régal. Abandon est le seul mystère que nous n’avons pas réussi à résoudre ; assez lent, il nous paraît trop disparate par rapport aux onze autres titres pour être cohérent.
Inutile de tergiverser, Cycle Of Suffering signe sans conteste le retour triomphant de Sylosis aux affaires. Moderne, proposant une réelle évolution tout en restant fidèle aux racines de la formation, le manquer serait un crime de lèse-majesté.
Sylosis - Cycle of Suffering - Chronique - Josh Middleton

Sylosis