Signé sur l’excellent label indépendant américain Thrill Jockey Records, We love to Look at Carnage (2020) continue donc avec cette méthode. Il est composé de 5 morceaux tissant une nuit étoilé, pour finir au bon matin. Produit par Martin Bisi (Sonic Youth, Swans), cet album nous offre JR Robinson à la voix et à la guitare, Esther Shaw au chœur, synthétiseur et violon, Thor Harris (Swans) aux percussions ainsi que Jami Stewart (Xiu Xiu) aux machines.
Le premier morceau, Midnight to six, est une douce balade. Le synthé est mélodieux, JR Robinson nous narre une histoire, nous met en scène. Sa voix me fait penser à celle de Nick Cave ; présente, cosmique, omnisciente. Nous commençons doucement notre montée vers les cieux. Still Life with Prick Cancer vient ensuite nous guider pour cette ascension. Le violon se fait plus alarmant, nous avertissant de quelque chose. L’acmé du morceau est brève et efficace : la ditorsion s'active sur tous les instruments pour nous propulser parmi les étoiles. Nous sommes face aux démons de nos cauchemars. Avec Coyotes of Central Park, nous sommes en pleine insomnie, à la conquête de l’inconnu. Nous valsons avec le bariton, le violon, la voix, tous très plaintifs. Esther Shaw revient nous enchanter dans The Rat Catcher avec ses vocalises qui prennent la forme d'un dialogue avec JR Robinson. Nous approchons l’aube, à la lisière de notre inconscient. Immolation signe la fin de l’album, de notre aventure, de la nuit. Le jour revient. L’espoir aussi. Le violon imite l'aube et les oiseaux chantants.
Wrekmeister Harmonies nous offre une expérience cosmique, un violon élégiaque, des voix enchanteresses, des envolées instrumentales célestes. We love to Look at the Carnage (2020) est le mariage de l’occulte et de la fougue.

Wrekmeister Harmonies
