Radar Men from the Moon nous vient de Eindhoven et est composé de Gleen Peeters à la guitare, Tony Lathouwers à la batterie, Titus Verkuijlen à la basse et de Bram van Zuijlen à la guitare et au synthé. Pour The Bestial Light (2020), ils ont été rejoints par un deuxième batteur ; Joep Schmitz et par Harm Neidig à la voix et au saxophone.
La formule est gagnante ; un mélange équilibré de Gnod, Godflesh, des Swans. La voix se fait expérimentale, les batteries sont joyeuses, la basse groovy et les guitares stridentes. Le saxophone vient élever le tout et donne à l'album des allures de post-punk industriel.
The Bestial Light (2020) commence avec Breeding qui nous impose une basse lourde et une voix agréablement posée. Nous sentons les influences directes de Godflesh. C'est une très bonne madeleine de Proust.
S'ensuit Piss Christ, morceau très groovy et très primitif. Les paroles sont virulentes et l'intensité monte petit à petit. Nous sentons presque une boule de feu dans notre ventre.
Sacred Cunt of the Universe nous fait directement penser aux Swans, avec une construction très familière. Un rythme répétitif se plante, nous hypnotise presque et vient se poser dessus un saxophone aérien et mélodieux.
Le morceau suivant, Eden in Reverse, est l'enfant (il)légitime de Godflesh et de Zu. L'instru franche et incisive nous fait bouger la tête, et la voix éraillée et viscérale nous donne envie de bouger le reste du corps.
Le morceau éponyme est sûrement le plus « cru ». Comme un premier jet, une expression nue. Selon le groupe, les chansons traitent de l'instinct de la race humaine, des désirs individuels, de la volonté et de la transgression. The Bestial Light affirme cette direction. Nous sommes plongés au milieu de notre condition humaine et les guitares imitent les sauts de l'âme.
Vient ensuite Self qui remplit ma jauge de groove. La basse est invitante, les voix sont répétitives et transcendantales. Sûrement le morceau le plus explosif de l'album. C'est une invitation à l'amour de soi. Et ça marche.
La chanson suivante, Pleasure, suit logiquement la trame. Le début est plus franc, très indus. Le rythme est sensuel, voire sexuel. C'est l'orgasme de l'album.
Nous finissons cette histoire avec Levelling Dust. Le titre est très bien choisi, car le morceau illustre parfaitement la poussière qui s'accumule. La voix est feutrée, l'instru très punk. Nous pouvons fermer le livre.
Après être passés par le space-rock, la techno industrielle, le drone avant-garde, le groupe multi-facettes nous invite à une nouvelle ère. Les morceaux sont extrêmement bien construits, en montée constante. The Bestial Light (2020) est un album dissonant, punk, industriel, noise et très bien maîtrisé. Comme le titre l'indique, c'est une album qui traite de la condition humaine et de l'instinct premier.
Merci.
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