S’il est sûr que l’ambiant reste toujours le maître-mot pour qualifier ce mini-album, le maître de cérémonie qu’est Damien Polfliet a remis une louche d’aérien et de spatial dans le bouillon musical. Et de l’emphase. Les morceaux démarrent généralement de manière minimaliste pour venir, petit à petit, grappiller des effets sonores au passage voire même des instruments. En témoigne Lazarus, titre d’ouverture, qui n’est initialement qu’un signal sonore perdu dans un espace qu’on imagine immense. A l'image d'une boule de neige dévalant la côte, ce signal accroche avec lui tout ce qu’il peut comme sonorités pour, en bout de course, atteindre son climax et s’évaporer. Une construction qu’on retrouvera, peut-être un peu moins marquée, sur «It Says STAY» et «See You On The Other Side». Le passage d’un point A à un point B, propulsé tout au long par une dramatisation graduelle. Le tout en gardant ce subtil équilibre composé d’un paysage froid et aseptisé et dans lequel vont faire des apparitions, telles des touches de couleurs chaudes, au moyen d’une guitare, d’une basse ou d’une batterie.
Avec cet EP, on peut ressentir que Damien Polfliet n’avait pas encore eu l’occasion d’expulser tout ce qu’il avait à faire entendre dans son premier album. Tel un spin-off, pour reprendre le langage de la fiction. Peut-être une étape nécessaire afin d’attaquer la saison deux?

Tars