De sa violence intrinsèque, ALKERDEEL a réussi à développer un style qui lui est propre et qui lui permet de se démarquer largement. Cette manière d'être Black Metal sans être complètement Black Metal a évidemment tendance à brouiller certaines pistes et on comprend dès lors la difficulté pour certains milieux figés intégrer une telle formation.
ALKERDEEL repousse les limites et son nouvel album, Slonk n'échappe par aux intentions. ALKERDEEL, c'est avant tout un son très particulier. Si le fond et la forme s'inscrivent effectivement dans les extrêmes du Black Metal, la consistance même du jeu et du rendu minimaliste des Flamands sont singuliers.
Ainsi au Black Metal de ALKERDEEL, on prête volontiers les qualificatifs de Doom ou de Sludge. Tant il est vrai que le groupe est écrasant et vicié. Slonk est d'ailleurs particulièrement malsain dans son ressenti. Là où Lede était analytiquement captivant, ce quatrième album est viscéral et basé sur des atmosphères plus fouillées.
Ce n'est pas un hasard si cet album s'ouvre sur Vier. Cette longue plage dépassant les 13 minutes annonce par son introduction, le caractère enveloppant de Slonk. Comme le démontre la suite de cette première composition ainsi que la suite de l'album avec Eirde, Zop et Trok, ce climax ne désert pas l'agressivité même du groupe. Slonk reste une interprétation agressive, peut-être même la plus agressive de ALKERDEEL à ce jour.
Court mais intense, Slonk pourrait être l'album dont ALKERDEEL avait besoin pour enfin capter toute l'attention qu'il mérite.

Alkerdeel