
Alors que le premier single « Lo Lamento » sorti en 2016 ne m'avait que moyennement convaincu malgré de très bons passages, l'excellentissime « Down » sorti en 2020 rappelait le meilleur du premier album et, il faut l'admettre, m'avait bien chauffé. Mon impatience (et mes attentes) s'étaient tout à coup hissées à la hauteur de l'enthousiasme que j'avais ressenti en 2013 pour Between Here & Lost. Traduction : j’étais très, vraiment très impatient.
Et j’ai été très, vraiment très déçu. (J’exagère un peu pour la forme) Il aura suffi d’un album en 2013 pour que se cristallise chez moi l’association entre le nom Love & Death et le style du groupe de l’époque. Combinaison du chant rauque et des cris puissants de Head, de l’alternance entre passages calmes, refrains entêtants et passages à souhait, et d’une influence djent assumée et parfaitement maitrisée. Je ne dois pas être le seul dans le cas. Je ne dois donc pas non plus être le seul déçu par ce Perfectly Preserved tant attendu.
Dès l’intro, on se rend compte qu’il y a erreur sur la marchandise. L’album s’ouvre sur une mélodie de piano et la voix de... JR Bareis, guitariste, bassiste et en charge des backing vocals depuis les premières heures du groupe. Il a une belle voix, là n’est pas le problème, mais on réalise très vite que la présence vocale de Head n’est pour ainsi dire plus qu’anecdotique. Sacrilège ! D'autant plus que les morceaux sur lesquels il apparait le plus sont évidemment les meilleurs, à mon sens. On peut citer « Down », « Tragedy » ou « Affliction ». Pire encore : les apparitions raréfiées de Head au micro donnent lieu à des passages stupéfiants de maitrise, de puissance et d'émotion. Le breakdown qui clôture « White Flag » en est le meilleur exemple, mais on retrouve la même chose dans « The Hunter ».
Le reste n’est pas mauvais, loin de là, mais beaucoup plus formaté et parfois à des kilomètres de ce qui m'a fait aimer Love & Death. Il suffit d'écouter « Let Me Love You », chanson d'amour sirupeuse et dégoulinante de bon sentiments, pour comprendre ce dont je parle. S’il y a bien une chose qui n’a pas été parfaitement préservée sur cet album, c’est l’identité stylistique dont s’était doté le groupe. Et en même temps, peut-on leur en vouloir ? Huit ans se sont écoulés entre les deux albums, on est en droit de s'attendre à des changements et je suis le premier à reconnaitre qu'il vaut mieux un groupe qui évolue, dans quelque direction que ce soit, qu'un groupe qui stagne en répétant une recette qui a marché un jour. Alors peut-être que le vrai fautif, dans cette histoire, c'est moi avec mes attentes irréalistes. D'ailleurs, même si l'album ne m'a pas tout à fait convaincu, il tournera quand même en boucle plusieurs jours dans mes oreilles et j'y reviendrai volontiers de temps en temps pour savourer les meilleurs passages.
love and death, korn

Korn