A commencer par un Mike Williams qui avoue lui-même enregistrer ce A History of Nomadic Behavior dans un état de sobriété inédite pour lui qui ne garde aucun souvenir ou presque de ses précédentes visites studio. C'est évidemment une très bonne chose, et d'ailleurs loin de nous l'idée de jouer les cyniques laissant penser que cet état 'clean' pourrait nuire à son rendu vocal. Il n'en est justement rien pour lui qui oscille toujours sur la brèche entre folie et confusion. Tout juste notons-nous un manque d'énergie dans l'ensemble, voire de coffre par moments.
Plus déstabilisante, c'est justement la production globale de cet album, beaucoup trop clean pour du E8G, qui nous prend au dépourvu. Très éloignée de ce que l'on a pu connaître du groupe par le passé, elle a également l'audace de mettre en lumière un relatif manque d'inspiration dans le bayou. En particulier du côté de Jimmy Bower, dont le son de guitare demeure suspect le long de ces 41 minutes bien longuettes et manifestement orphelines de Brian Patton, qui a quitté le groupe en 2018.
A History of Nomadic Behavior sent le souffre comme n'importe quel album d'Eyehategod avant lui. Bouillonnants et persévérants, les gars de la Nouvelle Orléans ont cependant perdu de leur folle inspiration d'antan et peinent à réellement intéresser passé la découverte un peu brute de cette livraison à la prod trop policée. Vivement le retour des concerts !
NOLA, Sludge, Down, Soilent Green

Eyehategod