Pourtant, dès son premier album en 2002, WOVENHAND a pris une orientation plus expérimentale et électrique qui m'a percuté en 2015, sur scène.
Originaire du Colorado, WOVENHAND reprend la noirceur de son écorché vif de leader mais explore une version moins réservée de lui-même, plus Rock et fougueuse. Et sur scène, la formation de Denver transcende ses compositions possédées.
Flanqué d'une voix identifiable et personnelle, David Eugene Edwards signe un Silver Sash jouissif à souhait. La rythmique imposée par Ordy Garrison n'est évidemment pas en reste dans le résultat percutant de WOVENHAND.
Tendu, l'album recèle cette matière vaporeuse mi-onirique, mi-mystique qui caractérise assez bien le style de WOVENHAND. Bien que électrifié et déchainé, Silver Sash n'est pas un album agressif pour autant. Mais il reste perturbant voire dérangeant. Clairement adulte même si il nous prend par la main pour nous emmener dans l'esprit torturé de son auteur.
Ecrit en collaboration avec Chuck French de PLANES MISTAKEN FOR STARS, on aurait effectivement pu s'attendre à un disque plus criard. Mais WOVENHAND partage plus son côté teigneux avec NICK CAVE et TOM WAITS.
La cohérence de cet album est autant la force du disque que celle de WOVENHAND. Certain.e.s la trouveront trop monocorde mais au contraire, c'est là que réside le super-pouvoir de David Eugene Edwards quand il emballe. Et avec ce nouvel album attendu pendant six longues années, cette attitude amplifie l'effet escompté de manière qu'il est impossible de détacher une ou quelques pièces de l'ensemble. Silver Sash ne vieillira pas.

Wovenhand
Nick Cave