Un album bien fourni puisque contrairement à son prédécesseur, le troisième album de TARS compte 12 compositions qui jouent avec les ambiances. Des ambiances et des progressions qui mettent d’ailleurs plus que jamais l’accent sur cet aspect narratif. Cinématique même.
L’écoute des compositions génèrent des images personnelles, contemplatives ou introspectives mais qui semblent vouloir nous compter une histoire. Sans doute personnelle puisqu’à part l’intitulé des compositions ou des extraits de dialogue, TARS propose une musique instrumentale.
La formation belge a continué à dessécher ses guitares voguant entre Post-Metal et Post-Rock, comme opéré dans son opus précédent. La production de ce Per Aspera enlève également une part de volume. Un lissage sonore qui contient toutes impressions de masse ou de véhémence qui déconcerte un peu quand le jeu de TARS se durcit.
Bien que nourri par de nombreuses progressions, le groupe évite le format épique interminable. D’ailleurs les moments d’apothéose n’en ont pas besoin pour briller.
L’album flotte quelque peu en son milieu mais TARS relance habillement la dynamique en ajoutant des sonorités plus synthétiques et froides. Notamment à ce moment crucial, avec I Must Accept The Fact I Never Really know You où il récupère l’auditorat qui aurait pu commencer à décrocher.
Ces rebondissements rappellent la mécanique narrative et TARS réussit à les exploiter là où il aurait pu se piéger seul dans un effet de style louvoyant entre progression et climax uniquement.
Bien que polis pour conserver une accessibilité relative, Per Aspera nécessitera une attention suffisante pour à la fois se laisser aller dans son propre imaginaire tout en se laissant captiver par les différentes subtilités, parfois cachées.
Ce nouvel album de TARS est sans doute le plus élaboré et abouti. Celui qui garde le plus en éveil nos sens, non pas par ses tensions ou ses émotions, mais bien par son rendu « grand écran ».

Tars