Quand on dit un long pavé, il faut entendre que le groupe s’est plié en 6 pour sortir 11 plages qui tiennent sur ce double album bien fourni plutôt qu’un disque qui tire en longueur et qui est potentiellement indigeste. Même si en 2025, sortir un disque de 85 minutes peut faire peur et relève de l’exploit, Procession se laisse écouter aisément du début à la fin tellement il happe son auditorat.
Cet hypnotisme dépend évidemment du résultat mais il tient aussi à l’alchimie qui opère entre les musiciens. A l’écoute de Procession, on est frappé.e par l’équilibre qui règne autour des compositions. D’abord dans la longueur des compositions qui, même quand elles dépassent les 8 minutes, ne laissent transparaître aucune impression d’excès ou de superflu.
Ensuite et malgré l’individualisme frappant de chaque membre qui est en lien à la forte personnalité musicale de chacun.e, aucun ne prend le dessus. Là où d’autres groupes auraient laissé s’exprimer les influences de l’un puis de l’autre pour satisfaire les différents égos, WOLVENNEST fait corps et un. Ce lien est d’autant plus magique qu’on ressent la focalisation des différents membres sur ses propres parties alors que le résultat tisse de liens invisibles qui unifient l’ensemble par un enchantement naturel et spontané
Enfin, cet équilibre est renforcé par la présence bien plus assumée de SHAZZULA. Elle occupe plus d’espace vocale dans les compositions ainsi qu’avec son thérémine qui précédemment servait parfois de refuge.
Difficile d’oser conclure que Procession est le disque parfait parce qu’on en attendra encore plus lors de la prochaine sortie. Mais on pourrait trancher en disant que le disque est l’alchimie parfaite qui à défaut de transformer le plomb on or, transcendante les notes en sortilèges magnétiques.

Wolvennest