Bien évidemment, on retrouve le groove caractéristique du groupe, nourri de stoner et de fuzz. Mais l’énergie qui s’en dégage confère à l’ensemble une efficacité évidente, taillée sur mesure pour la scène.
Avec cette volonté affichée d’aller à l’essentiel, GOZU joue pied au plancher. Cette intensité déborde parfois, entraînant le groupe hors de ses zones de confort habituelles. De fait, l’album se distingue nettement de ses prédécesseurs.
La solidité de la formation autour de Marc Gaffney, Doug Sherman (guitare), Joe Grotto (basse) et Seth Botos (batterie), assure la cohésion et évite toute rupture franche avec l’identité passée du groupe.
Côté mélodies, Marc Gaffney maîtrise ses classiques. Il parvient à injecter une dose généreuse de Soul dans une interprétation résolument Heavy. Cette influence profondément roots réchauffe les compositions du quatuor de Boston, qui n’hésitent pourtant pas à pousser régulièrement le curseur dans le rouge.
GOZU réussit à transformer une période personnelle agitée en un disque tendu, viscéral et résolument tourné vers l’action. Plus direct, plus massif, le groupe ne renie rien de son ADN mais accentue l’impact, privilégiant l’urgence et l’efficacité. Entre groove incendiaire, lourdeur fuzzy et élans Soul parfaitement intégrés, le quatuor prouve qu’il est capable de se réinventer sans perdre son identité. Un album cathartique, taillé pour la scène, qui rappelle que GOZU avance en serrant les dents … et sans lever le pied.
Gozu