Formé en 2016, le groupe n’a pas mis longtemps à comprendre et à digérer les codes du genre. Ici, les montées en tension cohabitent avec des cassures nettes, presque abruptes, tandis que la précision rythmique vient structurer l’ensemble avec rigueur. Mais loin d’un simple exercice de style, DUTCH ELM injecte une vraie énergie dans son approche.
Les influences sautent aux oreilles sans jamais écraser le propos : la nervosité d’AND SO I WATCH YOU FROM AFAR ou la puissance monolithique de RUSSIAN CIRCLES. Pourtant, le groupe ne se contente pas de suivre une voie tracée. Il impose son propre équilibre, entre tension et relâchement, entre clarté et saturation.
Le travail sur les textures est particulièrement marquant. Lumineuses dans leur essence, elles sont sans cesse malmenées, étirées, bousculées par des rythmes saccadés et des variations parfois frontales. Cette capacité à confronter beauté et chaos donne au disque une vraie personnalité, presque physique par moments.
Là où beaucoup de formations du genre s’enlisent dans des compositions trop longues ou trop démonstratives, DUTCH ELM garde le cap. Chaque passage a du sens, chaque évolution est maîtrisée. Le groupe évite le piège de l’élitisme comme celui de la monotonie, en conservant une ligne directrice claire.
Ça monte, ça explose, ça se fragmente, puis ça repart mais toujours avec contrôle. Cette maîtrise de la dynamique permet à l’album de rester accrocheur sans sacrifier sa complexité.
Au final, DUTCH ELM signe un premier album convaincant et inspiré. À la fois technique, intense et accessible, il pose des bases maîtrisées sans donner l’impression d’un coup d’essai. Une entrée en matière réussie, qui laisse entrevoir une trajectoire à suivre de près.
Dutch Elm

Russian Circles