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Interview 26-12-2012 par Fred 20 min de lecture

Sliver

Personnellement, beaucoup de groupes m’ont fait évoluer radicalement simplement en lisant leurs paroles...

Si tu le veux bien, nous allons commencer tout simplement par une présentation du groupe et de ses membres.

Sliver a existé sous différentes formes depuis 1999, même si je pense honnêtement qu’on fait des choses intéressantes depuis 2006 seulement, lorsqu’on a sorti notre EP ”kamikaze” et qu’on a commencé à tourner à l’étranger. Depuis on a fait environ 200 concerts dans 11 pays d’Europe et on a sorti deux autres EPs et deux albums. Nous sommes 4 dans le groupe : un batteur, un bassiste, un claviériste/crieur et moi même au chant et à la guitare. Manu, de Poison Heart et Hell-o-Tiki (qui a sorti ”kamikaze” et ”music is a weapon” sur son label we are all liars records) nous a une fois qualifié de groupe de ‘rocking hardcore’ et j’avoue que l’appellation nous a bien plue, alors depuis Sliver est un groupe de ‘rocking hardcore’ !





Il y a également des invités sur votre dernier album, Disobey Giants.  Pourrais-tu les présenter ?

Sliver est devenu une sorte de petite famille avec les années, alors on tenait à avoir sur cet album tous les gens qui ont participé à l’aventure depuis 2006. Du coup les premiers invités sont surtout les anciens membres du groupe : notre ancien batteur Yno joue de la batterie sur un morceau (”the invisible committee”) et nos deux anciens bassistes, Pipo et Q, ont écrit respectivement des parties de guitare et de batterie sur l’album et sont tous les deux venus nous prêter main forte pour les sing-along, accompagnés aussi d’Amandine et Claire.
Ensuite, il y a des interventions de Tom Morello (guiatriste de RATM) et de Naomi Klein (journaliste/économiste canadienne) enregistrées lors des manifestations pour le mouvement ‘Occupy’ en septembre 2011 à Vancouver et New York. Et enfin, on a utilisé un sample d’une chanson écrite et interprétée par le faux-révérend Billy Talen et sa chorale gospel, chanson écrite pour le mouvement ‘Occupy’ et libre de droits : on a fait une boucle avec la phrase ”we are the 99%” qu’on a utilisé comme intro sur l’album. L’album étant dédié aux gens qui ont participé au mouvement, il paraissait important que certains des acteurs les plus importants du mouvement y soient représentés.



Quels sont les trois plus grosses influences du groupe (toutes catégories confondues) et en quoi elles vous influencent ?

Comme le disque est dédié à au mouvement ‘Occupy’, et donc à un mouvement collectif, et qu’il essaie aussi de transmettre l’idée que, selon moi, pour changer le monde, il faut avant tout et surtout se changer soi-même, travailler sur soi-même, j’ai du coup beaucoup réfléchi à l’idée d’influence. D’où la cinquantaine de noms que tu as pu voir cités à la fin du manifeste qui accompagne l’album. J’ai repris mes propres textes de chansons à posteriori et me suis vraiment posé la question de savoir pourquoi je pensais telle ou telle chose et d’où venait mon inspiration. A la fois, cela faisait des paroles une sorte d’effort collectif (par exemple, j’utilise le terme de ”green disease” pour parler de l’avarice mais ce terme a été inventé par Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam) comme dans le cadre d’une manifestation, et en même temps je réfléchissais à comment j’en étais arrivé à former certaines de mes pensées ou idées (parce que j’ai lu tel article de Noam Chomsky ou vu tel film de Peter Watkins ou un pochoir de Banksy) et donc comment je m’étais ‘changé’ moi-même.
Après mes trois plus grosses influencent (et ceci et valable uniquement pour moi et pas forcément pour les autres membres du groupe), je pense que ce sont Pearl Jam pour la musique, Chuck Palahniuk pour l’écriture et, sur cet album, Alan Moore pour le contenu des textes. J’écoute tellement de Pearl Jam : je n’ai pas passé plus de deux semaines sans en écouter depuis 1991 ! Que cela m’inspire forcément ne serait-ce que pour structurer les chansons par exemple. J’ai lu Chuck Palahniuk, l’ai rencontré (il a participé à ”music is a weapon”) et j’ai suivi ses cours d’écriture à distance alors je me sers des techniques que j’ai apprises chez lui pour structurer mes paroles et/ou mes phrases. Et vu que le thème de l’album est la désobéissance civile, j’ai beaucoup relu V for Vendetta et Watchmen d’Alan Moore qui sont pour moi deux œuvres majeures sur les thèmes de l’autorité et de la désobéissance. Ce sont des BDs/comics mais c’est aussi un sacré condensé de philosophies et d’idéologies sur les thèmes en question.





Justement, on peut dire que vous êtes un groupe engagé. « To resist is to create, to create is to resist » est un appel à la résistance par la créativité et l'art. Comment l'art (et en particulier la musique) peut il être facteur de changement ?

Là aussi, je pense qu’il y a une notion collective et individuelle. D’un côté, la musique est facteur de changement de par la transmission de messages ou de pensées. J’écris des textes et un ensemble de gens les lisent et même si seulement une personne sur 100 lit nos textes et y apprend quelque chose, je trouve que ça en vaut la peine. Si une personne sur 100 découvre le mouvement de la décroissance en écoutant/lisant notre chanson ”small is beautiful” par exemple, et change quelque chose dans sa vie ou prend simplement le temps d’y réfléchir, cela en vaut la peine. C’est, je pense, le côté le plus évident de la musique comme un art qui peut apporter du changement. J’en profite pour dire qu’à la ville je suis prof d’anglais dans une université en France et même si j’ai tendance à dire que je fais ça par hasard et parce que ça me laisse du temps pour la musique, peut-être que ce n’est pas tellement un hasard finalement…
Mais il y aussi un aspect personnel à tout ça. J’écris des textes et je mets mes pensées en mots mais ça ne s’arrête pas là. Ensuite je les chante toutes les semaines en répétition, tous les mois en concerts, 5 ou 10 soirs de suite en tournée. Et je pense que c’est le meilleur moyen d’incorporer réellement certaines idées. Il est souvent plus facile d’écrire et d’argumenter que d’agir et de vivre selon ses propres convictions. Tu peux avoir une conviction profonde sur ta façon de vivre mais la vie te rattrape entre temps et tu finis par trahir tes propres convictions. Par contre, quand tu chantes quelque chose toutes les semaines, tu te rappelles sans cesse ce en quoi tu crois et tu finis par incorporer l’idée, de façon plus forte que si tu l’as seulement lue dans l’œuvre d’un autre par exemple. Cela fait plusieurs années qu’on a la chanson ”the invisible committee” maintenant et il y a cette phrase ”and we never follow, and we never ever lead” : et j’essaie de l’appliquer, dans ma vie et au sein du groupe aussi. Alors j’enseigne à certains de mes étudiants l’expérience de Milgram pour les inciter à se méfier de l’autorité et donc de leurs profs (et donc de moi), et j’essaie de mener la barque au sein de Sliver tout en laissant de la place aux autres en même temps. Et quand je râle avec eux parce qu’on ne va pas dans mon sens par exemple, j’ai cette phrase qui résonne dans ma tête et qui me ‘rappelle à l’ordre’ ! Là aussi la musique est facteur de changement, elle m’aide à me changer, me transformer moi-même.
Enfin, je dirai que dans le cadre des tournées, tu rencontres plein de gens de partout et découvre plein de modes de vie et que cela change aussi tes préjugés ou ta façon de voir certaines choses.
Je pensais avoir ‘inventé’ le slogan ”to resist is to create, to create is to resist” mais j’ai découvert par la suite que les Résistants français de la seconde guerre mondiale signaient leurs lettres comme ça (”résister c’est créer, créer c’est résister”), d’où la reprise du Partisan qui clôt l’album, car avant d’être une chanson de Leonard Cohen, c’est une chanson traditionnelle de la Résistance française. Et même si les Résistants ne s’opposaient pas aux même choses à l’époque, ils pensaient déjà que le changement passait par la création.



Le texte du feuillet et les chansons sont en anglais. Ce n'est pas un peu paradoxale d'utiliser l'anglais plutôt que le français, votre langue « locale » pour faire passer des idées ? Tu n'as pas l'impression de mettre toi-même un frein à la compréhension de ton message ?

Il faut admettre qu’on n’a pas beaucoup d’influences françaises… chaque membre du groupe doit écouter 2 ou 3 groupes français chantant en français : dans mon cas, j’aime beaucoup Diabologum, Programme et Experience (tous les projets de Michel Cloup et Arnaud Michniak) et Orel, par exemple, aime beaucoup un groupe français qui n’existe malheureusement plus et s’appelait Feverish, mais cela se limite vraiment à ça…
Aussi, au tout début du groupe (en 1999), on avait quelques chansons en français mais ensuite je suis allé à la fac où j’ai choisi les matières que j’allais étudiées en fonction du groupe. Je me suis inscrit en anglais pour écrire des textes dans un anglais correct et en philosophie pour avoir des idées : c’était vraiment le ‘projet’ à l’époque. Et résultat, j’ai un diplôme en philo et je suis prof d’anglais dans une université ! Au fur et à mesure de mon avancée dans les études, les textes en français ont disparu : l’anglais est la langue dans laquelle j’ai appris à écrire autre chose que des listes de courses, la langue dans laquelle j’ai appris à formuler ma pensée et la langue de la majorité des choses culturelles que j’ingurgite (livres, musique, films, etc…). C’est aussi la langue que je parle la moitié de la semaine dans mon travail, et, parce qu’il s’avère que je parle en dormant, la langue dans laquelle je rêve parfois !
Je crois que je serais incapable d’écrire des textes en français aujourd’hui. Et je dirais qu’à l’inverse de limiter le message, ça nous permet de plus le diffuser que si les paroles étaient en français. Quand on a joué en Angleterre ou en Biélorussie ou en Lettonie, j’étais bien content que nos textes ne soient pas en français ! Idem lorsque des gens comme antiwarsongs.org décident de mettre nos textes sur leur site aux côtés de Pearl Jam, Neil Young et Gil Scott-Heron. Ou quand Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight Club te fait savoir qu’il aime beaucoup tes paroles, tu te dis que tu as touché plus de gens que si tu étais resté dans ta langue ‘locale’.
Et sur le dernier album ‘disobey giants’, il y a 3 phrases en français dans la reprise de Leonard Cohen / Anna Marly, The Partisan (même si les autres membres du groupe trouvent que j’ai un peu l’accent anglais sur les 3 phrases en question !).





Disobey Giants est sorti sur votre propre structure, Resist & Create Records, qui s'appuie elle-même sur votre propre association qui organise des concerts. C'est important pour vous de travailler de manière DIY ?

On a eu la chance de travailler avec deux labels par le passé : We Are All Liars Records en Belgique et Winged Skull Records au Luxembourg. Et on a créé des liens qui vont au-delà du rapport groupe-label avec les créateurs des labels en question. Monsieur Manu et madame Manue de WAAL, que tu connais, et Damiano, de Winged Skull, sont devenus des amis. Damiano et Manu sont même partis en tournée avec nous, respectivement en 2010 et 2011. Ils nous ont aidé à sortir un album et deux EPS, nous ont aidé à trouver des dates, et nous ont soutenu pendant plusieurs années. Lorsque les deux labels ont cessé leurs activités, on avait deux choix : sortir l’album nous mêmes ou partir à la recherche d’un nouveau label. Il y avait très peu de chance qu’on trouve un label dans la région… et encore moins un avec lequel on allait avoir le même type de relations qu’on a eu avec les précédents. Alors on a décidé de sortir ‘disobey giants’ nous mêmes.
Et puis on s’est rendu compte qu’on avait organisé des concerts toute l’année pour des copains croisés sur la route (Nine Eleven, P.O. Box, Antillectual, Hateful Monday, Jonah Matranga, Uncommonmenfrommars) et que nos activités ressemblaient de plus en plus à celles d’un label, alors on a décidé de créer ‘RESIST&CREATE’ pour tout ce qui n’est pas exclusivement lié à SLIVER. Comme l’organisation de concerts. Ou la prod d’albums d’autres groupes : on vient de co-produire (avec beaucoup d’autres labels et on est loin d’être ceux qui ont mis le plus d’argent, je tiens à le préciser) un EP d’un groupe de hardcore punk de Strasbourg : More Dangerous Than 1,000 Rioters.
Dernière chose, RESIST&CREATE n’est pas vraiment une association, on a aucun statut légal en tout cas. On a fait partie de quelques assos au début de SLIVER et on a toujours été déçu par la façon dont elles sont gérées. Si c’est DIY, je ne vois pas trop l’intérêt d’institutionnaliser la chose ! Donc, oui, je crois qu’on aime bien le DIY mais en même temps, je pense que tous les groupes comme nous le sont par définition, non ?



Très certainement par nécessité au début... mais par après pas toujours. Certains, avec la renommée et la crédibilité médiatique finissent parfois sur des structures moins indépendantes.
Est-ce que cela pourrait être le cas pour SLIVER ? Avec le succès, SLIVER pourrait-il signer sur un label conventionnel, un label qui n'a que pour seul objectif que de vendre et rentabiliser son investissement dans une production ?


Vu la situation musicale en France, je ne vois pas quel ‘gros’ label pourrait s’intéresser à SLIVER ni quel label pourrait nous intéresser. Et on fait notre musique dans notre coin depuis plus de 10 ans, à notre rythme, sans se soucier de plaire à qui que ce soit ou de respecter telle ou telle convention alors si une structure débarquait maintenant en nous disant « on vous signe demain, mais il faut que vous chantiez en français ou que vous changiez tel ou tel aspect de votre musique », même si c’est EMI, ils iront se faire voir ! Les compromis, ce n’est pas trop dans l’esprit SLIVER. Et qui dit ‘objectif de vente’ ou ‘rentabilisation’ dit ‘compromis’, alors non merci. Depuis 2006, on a traversé 11 pays différents, rencontré plein de gens et de groupes, fait 250 concerts, écoulé environ 2,500 Cds… notre mode de fonctionnement nous convient très bien et les membres auxquels cela ne plaisaient pas sont partis, et ils ont eu raison : la liberté prime avant tout et si un membre espère ‘vivre’ de Sliver, il est sûr qu’il risque d’être déçu, alors partir et monter un groupe avec lequel il a la possibilité de vivre de sa musique est la solution pour lui (je parle en état de cause, car cela est déjà arrivé chez nous).
Maintenant si tu es aux Etats-Unis et que tu t’appelles Rage Against The Machine ou Pearl Jam et que dans les années 90 on te propose un contrat qui te donne une liberté artistique totale sur ta musique et que tu te sers de l’argent que tu gagnes pour une multitude d’assos et reverses plein d’argent de tous les côtés, je ne vois pas de problème avec ça. Mais c’est un autre pays et, tu le remarqueras, une autre époque, parce que je ne vois pas trop de groupes à l’heure actuelle qui fonctionnent encore comme ça. A part Pearl Jam justement, qui soutiennent je ne sais combien d’assos (pro-avortement, pour les vétérans/laissés pour compte de la guerre en Irak) et de programmes caritatifs (pour la maladie de Crohn, le Sida) et calculent même le CO2 dépensé par leur équipe et par les fans pendant les tournées pour replanter l’équivalent en arbre et annuler la pollution qu’ils causent, mais je pense que c’est un des seuls groupes aussi actif et surtout ce sont les rescapés d’une autre époque…
Bref, si Eddie Vedder m’appelle demain et veut nous signer sur Monkey Wrench records, leur label, OK, j’accepte… mais sinon, non merci ! 





On parle de d'art, de créativité et de résistance depuis le début de cette interview. Tu as toi-même souligné que la démarche n'était pas nouvelle. Pourquoi la contestation fait-elle évoluer si lentement ce monde où la musique (et son industrie) a pris tellement d'importance ?

La musique a pris une importance dans le monde, mais pas toujours la musique qui fait ‘changer les choses’. Combien d’auditeurs de Rihanna (qui ne va pas faire changer grand chose à part éventuellement t’inciter à t’acheter un parapluie avec l’argent qu’il te reste après avoir payé ta place de concert 70€) pour combien d’auditeurs de Snapcase ??? La musique a pris une place importante mais une grande partie de l’industrie musicale véhicule les mêmes valeurs consuméristes que n’importe quel mauvais show télé ou n’importe quelle publicité… Les groupes contestataires ne sont pas forcément les plus médiatisés et même lorsqu’ils le sont, tout le monde ne s’intéresse pas forcément au message. J’ai vu Rage Against The Machine et pendant une impro musicale sur laquelle Zack de La Rocha expliquait son point de vue sur la guerre en Irak, les gens à côtés de moi criaient « ta gueule, chante Killing In The Name », ça explique bien le paradoxe. Après, c’était en France, où plus de la moitié des gens ne comprennent rien aux paroles, alors de là à s’y intéresser, ça devient complexe…
Malgré tout, je ne pense pas que la contestation musicale fasse évoluer le monde lentement, je pense juste que c’est un processus individuel. Il y a beaucoup de gens qui aiment le monde dans lequel on vit, il faut croire, ou qui croient être heureux en courant après des biens matériels, ou qui sont simplement trop empêtrés dans leur job ou autre pour prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils pourraient changer dans le monde. Donc, je pense que ça fonctionne, la transformation par la musique/contestation, encore faut-il le vouloir.
Personnellement, beaucoup de groupes m’ont fait évoluer radicalement simplement en lisant leurs paroles ou en m’intéressant à leur démarche. Idem pour certains auteurs, artistes visuels ou réalisateurs. D’où la liste impressionnante de noms à la fin du manifeste sur le dernier album. Mais voici quelques exemples concrets. Par exemple, je ne m’étais jamais intéressé au sort des réfugiés et au concept de ‘Fortress Europe’ avant de lire les paroles de la chanson Kamichi de Hell Is For Heroes. Maintenant je soutiens hhtp://www.rescue.org qui essaie d’aider les réfugiés partout dans le monde et faire en sorte que, par exemple, les 14,000 réfugiés qu’on a laissé mourir aux portes de la Forteresse Europe soient les derniers, ou simplement que les gens soient au courant de ça. Pas sûr que tout le monde le sache. Et peut être que quelqu’un vient de le découvrir en lisant cette interview ou en lisant nos paroles… Idem pour Troy Davis, par exemple, la première fois que j’en ai entendu parler, c’est en entendant la chanson State of Georgia de State Radio qui exposait toute l’affaire de ce condamné à mort innocent. C’est facile d’être anti-peine de mort en France, mais si le débat devait resurgir un jour, mon opinion là-dessus est forgé dans le marbre de par l’histoire de Troy Davis et tu peux être sur que je me battrai pour que jamais on n’envisage à nouveau ce système. J’ai des centaines d’exemples comme ça, il suffit d’ouvrir un livret de CD (ou de regarder les paroles sur un site de paroles) ou d’apprendre l’anglais !





L'après 21 décembre 2012 sera comment pour SLIVER ? Quels sont vos projets à venir ?

Je te réponds depuis le 22 décembre 2012 et il semble donc que les Mayas n’avaient juste plus de place sur leur morceau de pierre ou étaient juste une bonne bande de blagueurs…
Niveau projets, on a quelques concerts à venir : en Janvier sur Nancy, et on va rejouer à Arlon dans pas trop longtemps non plus, quelques festivals aussi (le Donkey Rock à Sélange est déjà confirmé pour nous et j’embête d’autres potes en ce moment même pour un festoche en avril). Pas de tournée pour le groupe exceptionnellement cette année en avril car notre claviériste/crieur Orel va être Papa (un projet autre donc). Mais je vais partir en tournée solo à la place cette année.
Comme on fait tout à notre rythme, je t’avoue qu’on compose déjà de nouvelles chansons et qu’on envisage un EP pour fin 2013, même si l’album vient de sortir. Peut être même un split avec un autre groupe et/ou notre premier vinyle. Il y a peut être une possibilité pour que ‘disobey giants’ sorte en vinyle aussi. Il faudrait aussi que je finalise l’album solo enregistré il y a plus d’un an maintenant (et que je mixe les voix de Jonah Matrangaqui a participé au CD).
Il y a le ‘label’ aussi, j’attends avec impatience la sortie du EP de More Dangerous Than 1,000 Rioters. Et peut être qu’on fera d’autres choses dans ce domaine là. Idem pour l’organisation de concerts, on pense en faire moins cette année mais on en organisera certainement quelques uns quand même.
Et d’un point de vue personnel, parce qu’aussi j’aime assez l’idée qu’à 30 ans j’ai plus de projets en cours que lorsque j’étais plus jeune : je bosse sur un livre d’illustrations sur le suicide avec un de mes meilleurs potes (ce sera fun, dark et super beau en même temps), je travaille sur la traduction d’un roman que j’aime beaucoup mais qui n’est jamais sorti en France et je suis en train de monter un autre groupe (de punk) avec le premier bassiste de Sliver : Pipo, dans lequel je fais juste la guitare. On n’a répété qu’une seule fois pour l’instant donc il faut voir ce que ça donne, mais peut être que d’ici quelques mois je viendrai t’embêter non plus uniquement pour publier des news de SLIVER sur SHOOT ME AGAIN mais aussi les news d’un autre groupe ! Ça va te faire du boulot, tu vas voir ! Et si tu as une idée de nom de groupe de punk d’ailleurs, je suis preneur !
Et Manu (Poison Heart, Hell-o-Tiki) vient de me parler d’un autre projet auquel je devrais participer aussi normalement… donc vive 2013 apparemment !
J’en profite pour te remercier et t’embrasser publiquement par interview interposée, parce que je te fais plein de bises par mail mais ça reste privé et secret…
Alors, bises ! Et merci pour tout Fred ! La chronique, l’interview, les news, etc… merci tout plein ! C’est vraiment gentil de ta part et on a été ‘soutenu’ par divers membres de Shoot Me Again depuis 2006 (Ba, Denis, Julien et toi même) et c’est vraiment génial de votre part et on a pas forcément toujours l’occasion de vous remercier à la mesure du temps que vous nous accordez. Merci !

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