Comment décrirais-tu Slow Charge et DEM0S en quelques mots ? Et qu’est-ce qui les différencie le plus à tes yeux ?
Ils sont tout de même assez différents. Slow Charge est mon premier album, que j’ai sorti lorsque j’avais 16-17 ans. Je venais d’apprendre à scream. Je me suis directement rendu compte que j’avais envie d’écrire, composer des trucs et ensuite m’enregistrer pour faire écouter ce que je fais à mes influences. J’ai sorti un petit EP très rapidement qui était vachement basé sur mes influences, vu que je n’avais pas une grande expérience dans la composition. D’ailleurs on peut entendre dans quelques morceaux que c’est carrément puisé de Slipknot, Trivium, etc. Ce sont des riffs modifiés à ma sauce alors que dans DEM0S, c’est un style beaucoup plus personnel.
Tu fais référence à de grands noms dans le metal… Où puises-tu tes autres inspirations ?
J’ai la chance de faire partie d’une famille passionnée de musique, qui écoute absolument tous les styles musicaux. Je pense que ça peut d’ailleurs parfois s’entendre que je m’inspire du rap de temps en temps, de l’électronique, du blues, du rock… Dans tout ce que mes parents m’ont donné comme culture musicale. A l’heure actuelle, je découvre bien entendu des choses de mon côté et je me les approprie à ma façon.
Tu es un artiste polyvalent (compositeur, chanteur, guitariste, bassiste, batteur), comment t'y prends-tu pour enregistrer 4 instruments à la fois ? Et surtout : comment et où as-tu appris tout ça ?
J’ai douze bras. *rires*
Plus sérieusement, je fais tout sur un logiciel (ProTools dans le dernier album), à côté de ça j’ai aussi acheté du matos (par exemple une carte son, guitare, un micro qui passent directement dans le logiciel et que je peux superposer). Le processus commence souvent par une idée qui me vient en tête de mélodie à la guitare, sur laquelle je vais ensuite caler un riff de batterie pour avoir déjà une bonne base, puis la basse. Finalement, les deux étapes suivantes sont souvent les paroles et l’écriture.

Combien de temps approximativement prends-tu pour finaliser un album ?
Ça dépend. DEM0S, j’ai mis à peu près un an pour le finir. J’avais déjà commencé à l’écrire quand mon 2ème album est sorti. Pour ce qui est des morceaux, ça dépend vraiment de l’inspiration… Ça peut prendre trois heures comme deux jours. Cependant, une fois que j’ai une idée globale ça peut aller très vite.
Y-a-t-il malgré tout un instrument que tu préfères à un autre ? Ou les mets-tu tous sur le même piédestal?
Forcément, je les aime tous. J’ai commencé par la guitare électrique à 10 ans, quelque chose comme ça. Je n’ai pas arrêté depuis, ce qui en fait mon instrument préféré et que je maîtrise le mieux. Pour ce qui est du chant, étant donné que j’étais fan de grands noms du rock comme Nirvana, Foo Fighters, Metallica, je chantonnais leurs morceaux un petit peu, juste comme ça. En toute honnêteté, le moment où j’ai réellement commencé à chanter c’est lorsque j’ai débuté les compos.
Est-ce qu’à partir du moment où tu t’es dit que t’allais créer un projet musical, était-ce prévu dès le départ de faire de l’alternatif ou t’avais l’attention de jouer un style plus « classique » ?
J’ai eu l’idée de jouer de l’alternatif un peu après les premières compos que j’ai écrites. Au début, j’étais vraiment dans le metal « classique » moderne en quelques sortes : gros riffs rapides avec que du scream, des refrains un peu mélodiques, mais il n’y avait pas du tout ce côté électronique. En fait, je n’avais pas l’intention d’aller vers l’alternatif parce que c’était quelque chose qui ne me plaisait pas forcément. Ca ne m’attirait pas trop. Puis après, je me suis ouvert en découvrant des groupes alternatifs comme Bring Me The Horizon et tous ces autres gars qui m’ont donné envie de faire ce genre-là.
Ca n’a donc pas toujours été dans tes plans de t’autoproduire ?
Non. A la base, je comptais juste fonder un petit groupe de covers avec mes potes, je ne pensais pas être capable de créer un projet tout seul. Mais pourquoi pas un jour faire partie d’un label si l’occasion se présente, je ne suis pas fermé aux opportunités si elles se présente. Je ne me dis pas forcément que j’aimerais continuer en autoproduction jusqu’à la fin, parce que de toute façon je ne sais même pas si un jour ça marchera. Si j’ai des propositions du genre, ça ne peut que m’aider à avoir de la visibilité.
Pourquoi ce choix d'autoproduction ?
Là où j’habite, il n’y a pas grand monde qui est fan de ce genre de musique et qui en pratique. Je ne pouvais pas non plus me rendre dans des studios d’enregistrement, parce qu’il n’y en pas dans ma région. Ce qui fait que j’ai dû tout faire tout seul dans ma chambre, et ça a donné ces 3 albums.
Quel serait ton meilleur conseil aux artistes désireux de se lancer en autoproduction ?
Déjà, je conseillerais aux artistes de ma génération de s’autoproduire, pour la simple et bonne raison qu’on a tous un ordi, un Ipad, un téléphone. Tu peux tout faire tout seul, ce qui fait que si en commençant tu te fais tes idées personnelles et que t’évolues à ton rythme, je pense franchement que ce sera une des meilleures façons de découvrir la composition.
Comme dit précédemment, étant donné qu’on a normalement tous accès à Internet, il y a une base de ressources dessus énorme. Tellement de personnes sur YouTube proposent des tutos pour avancer, des techniques d’enregistrement, etc. On n’est pas obligé de prendre des cours, apprendre tout seul sur Internet est le meilleur conseil que je puisse donner... Au-delà bien sûr de la détermination : toujours aller au bout de ses projets, quels qu’ils soient.
Slipknot

Bring Me the Horizon