Altaïr
AltairVoir la fiche est un duo bruxellois composé de David Delander (chant et batterie) et de Maël Niveau (chant et guitare). Toute nouvelle toute belle, la formation s’apprête à dévoiler son premier album intitulé « Cairn » et à booker des dates pour le présenter sur scène. En attendant, on a fait connaissance avec les deux musiciens.
Hello David et Mael, comment allez-vous ?
Mael : Plutôt pas mal.
David : Ça va comme un lundi (rire). Peu importe le jour où sortira cette interview, ça ira de toute façon comme un lundi.
Est-ce que David peut présenter Mael ?
David : Bien sûr. Mael est le chanteur guitariste d’
Altaïr
AltairVoir la fiche notre nouveau projet musical en duo. Mais pas que! C’est un chic type doublé d’un luthier hors pair. Il a créé sa marque de guitare : Guitars of Altaïr.
Est-ce que Mael peut présenter David ?
Mael: David est un vieil ami avec qui j’ai grandi. On faisait des études d’art ensemble (et de la musique, surtout), mais lui, il a réussi là-dedans. Il continue à faire du graphisme, a de bonnes idées en sculpture, etc. Batteur amateur dans
Altaïr
AltairVoir la fiche, mais de renom dans bien d’autres anciens groupes (
Reno
Reno3 chroniques · 6 galeries,
Apaches
Apaches4 galeries,
Zacharia, etc). Grincheux, toujours énervé mais aussi toujours prêt à la rigolade. Un homme comme on n’en fait plus.
Vous avez chacun des expériences musicales passées. Pourquoi vous réunir et développer Altaïr?
David : On s’était perdus de vue depuis notre groupe de jeunesse
Broken Promises
Broken Promises2 galeries. Nous n’étions plus vraiment en contact depuis environ 2003-2004 si je ne me trompe pas. A cette époque, nous n’étions plus trop sur la même longueur d’onde humainement ou musicalement. De mon côté, j’ai préféré commencer divers projets (
ZacchariaZaccharia1 chronique,
Psalm
Psalm2 chroniques · 2 galeries,
Reno
Reno3 chroniques · 6 galeries) qui étaient plus proches de mes envies d’évolution musicale. De son côté, Mael a beaucoup voyagé. Il l’expliquera mieux que moi. Tout ça pour en arriver à
Altaïr
AltairVoir la fiche, conçu dans l’antre du covid, là où nous avons fini par reprendre contact, depuis que Mael a appris à utiliser Internet et les réseaux sociaux! Tout a débuté sur l’idée de reprendre
Broken Promises
Broken Promises2 galeries où nous l’avions laissé et, très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il était mieux de se lancer sur un tout nouveau projet avec de nouvelles idées et surtout être un peu plus en connexion avec nos énergies moins sauvages qu’il y a 20 ans!
Mael : En dehors de
Broken Promises
Broken Promises2 galeries, je n’ai pas vraiment eu d’autres expériences musicales. Jamais trouvé les personnes avec qui partager ça, j’imagine. Avec David, ça colle et on s’y est remis naturellement.
Comment vos expériences personnelles se reflètent dans votre musique ?
Mael : La musique n’est jamais déliée de l’expérience personnelle. C’en est une forme d’expression, une manière de projeter ce que l’on vit. Une expression intime et métaphysique.
David : Je pense que c'est une énergie de l'instant transcrite à travers nos émotions concrétisées via nos instruments.
Qui fait quoi dans Altaïr
AltairVoir la fiche ? Pouvez-vous nous parler de votre processus de création musicale ? Comment travaillez-vous ensemble pour écrire et composer ?
David : Je fais la batterie et j’apporte des chants en doublage et arrière-plan. Ça viendra peut-être à évoluer avec nos futurs morceaux, Mael n’était pas encore au courant, voilà qui est fait!
Niveau création, on se concerte autour d’un ou deux riffs qu’on fait tourner en répète le plus souvent. Ensuite, il m’arrive d’emmerder Mael avec des messages vocaux où j’explique des structures incompréhensibles où je prétends jouer des riffs et mélodies à la voix comme si je jouais de la guitare. Et contre toute attente, il arrive souvent à reproduire mes singeries et c’est ça qui est beau!
Mael : David me demande régulièrement de lui faire écouter mes idées qu’il trouve généralement absurdes et incompréhensibles, surtout rythmiquement. Il m’envoie chier mais j’insiste. Il bataille pour faire rentrer ça dans des structures qui, bien qu’alambiquées parfois, commencent à tenir la route. Un morceau peut prendre deux ou trois ans à se construire. Ensuite, on l’enregistre, ça foire et on re-travaille tout. Efficacité totale (rire).
Quelles sont vos influences musicales?
David : Je ne vais pas te sortir des groupes de jazz inconnus ou autres groupes d’initiés pour faire genre. Dans notre sphère musicale, j’aime beaucoup
Old Man Gloom
Old Man Gloom1 galerie pour leurs morceaux déstructurés, parfois super courts ou super longs avec seulement deux, trois riffs qui fondent l’entièreté d’un morceau ou encore
Sumac
Sumac1 chronique · 2 galeries. Maël et Moyen (le chanteur de variété sombre) m’ont fait connaître, il y a déjà bien longtemps,
Neurosis
Neurosis4 chroniques · 4 galeries qui est un grand classique dans le style bien sûr. J’ai, sinon, un point faible pour des groupes comme
Coalesce
Coalesce2 chroniques et
Botch
Botch1 galerie,
The Chariot
The Chariot1 chronique · 1 galerie,
Bird of Illomen, etc.
Mael : À l’époque, j’aimais bien faire des grands discours dont tout le monde se foutait:
“En vivant seul dans les glaces des grands Nords, j’ai entendu la musique des sphères, des Univers, des roches qui se déplacent, les sons fondamentaux des énergies primordiales qui font se mouvoir les astres et tout le reste. Je tends à réussir un jour à traduire ça à l’oreille humaine.”
Sinon, si on arrête avec les grandes phrases, comme groupes ou musiciens, je peux citer Leonard Cohen,
Pink Floyd
Pink FloydVoir la fiche,
Renaud,
Neurosis
Neurosis4 chroniques · 4 galeries et tout
Steve Von Till
Steve Von Till1 chronique,
Nick Cave
Nick CaveVoir la fiche qui reste fabuleux à travers les âges.
Quelles sont vos sources d'inspirations ?
David : La lecture et les expériences de vie.
Mael : Les ruines en devenir de ce monde comme les zones industrielles, les campus, les chemins de fer, les canaux. J’aime tenter de voir la vie qui repoussera quand tout ça ne fonctionnera plus. Les montagnes, ruines des anciens mondes, la route, tout ça me fait aussi rêver.
Altaïr
AltairVoir la fiche est la douzième étoile la plus brillante de la voûte céleste alors que votre musique est du côté obscur de la force. Quel est le lien ?
David : De mon point de vue, on reste assez lumineux dans notre style. Me trompes-je?
Mael : Altaïr est l’étoile qui forme la tête de la constellation de l’aigle. Il veille sur ses hauteurs. Il ne me paraît pas obscur. Notre musique non plus. Ou peut-être cherche-t-il la lumière au-delà de l'obscurité.
J’adore vos visuels et votre identité graphique. Très bruts, urbains, street art. C’est fait exprès ?
David : Je suppose que tu fais allusion au pressbook que nous t’avons envoyé. Très urbain et street art, je suis étonné, mais pourquoi pas, c’est toujours très intéressant d’avoir un avis extérieur. J’y voyais plutôt de la poésie, un mariage entre photo et typographie. A vrai dire, comme dit plus haut, je suis graphiste et j’ai eu l’occasion de créer pas mal de graphismes pour des CD et LP pour divers groupes musicaux par le passé. Ça m’a donné l’occasion d’affiner mon style et mon petit faible pour les mixages photos très propres et typographies détruites sous-lignés, barrés, soulignés, etc. Pour le pressbook, j’ai dû me calmer, j’ai des versions que je trouve bien plus réussies mais elles sont impossibles à lire, du coup ça ne sert pas à grand-chose pour se présenter.
Quels sont vos objectifs et aspirations pour les prochaines années ?
David : Ayant fait une grosse pause dans le milieu de la musique, on va devoir trouver des concerts et éventuellement un label qui serait intéressé de nous soutenir pour jouer des lives et matérialiser notre musique, pourquoi pas. Mon dernier concert était en 2016 avec mon projet
Apaches
Apaches4 galeries. Je pense que c’était un autre monde. Nous allons partir à la découverte de celui de 2024 et de ses nouveaux codes.
Mael : Commencer par faire quelques concerts et puis envie de composer de nouvelles choses. Dans nos vies respectives, nous avons peu de temps, mais beaucoup d’idées. Je ne pense pas être pressé par quoi que ce soit et j’aime que les idées puissent mûrir à leur rythme.
Que pensez-vous de la scène alternative de Bruxelles ?
Mael : Beaucoup de choses, beaucoup de monde.
Comment vous y sentez-vous en tant que nouveau groupe ?
Mael : Nulle part, mais content de revoir quelques vieux amis
Y a-t-il des actualités à annoncer?
Mael : Notre premier album « Cairn » est prêt. Nous pensons finalement commencer à le jouer en live un de ces 4. Disons en septembre, octobre 2024.
David : On l'a mis sur les plateformes de streaming. Maintenant, je finis un petit montage vidéo pour l'annoncer, très prochainement.