
Comme souvent pour se rendre à Anvers, la route fut ardue et ce n’est pas l’accident à quelques mètres de la salle qui facilitera la bonne circulation. Néanmoins, malgré toutes ces embûches, j’arrive à me faufiler dans la grande salle du Trix à l’heure pour assister à la prestation de Paleface. Bien que les spectateurs ne soient pas nombreux, les Suisses se sont mis comme mission d’impérativement motiver les courageux déjà présents. Ayant déjà eu la possibilité de les voir à deux reprises l’année dernière, je sais déjà à quoi m’attendre et je ne vais pas être déçu. Le groupe ouvre avec « Please End Me » et son break final venu tout droit des enfers. Les riffs acérés et vilains sont de sortie et il faudra attendre quelques minutes avant de voir quelques mosheurs faire leur apparition. Avec un temps de jeu de 30 minutes, Paleface a décidé de faire la part belle entre son dernier album Fear & Dagger (2022) et les nouveaux singles qui sont sortis depuis. J’ai l’impression de le mentionner à chaque fois mais je n’arrive toujours pas à apprécier « Best Before Me : Death » que je trouve trop classique. Heureusement des titres comme « The Orphan » et « Nail to the Tooth » passent toujours aussi bien. Je vais aussi avoir droit à « The Gallow » et son refrain en chant clair souvent moqué sur les réseaux comme ressemblant à du Parkway Drive (bien que je ne sois pas d’accord). Le groupe termine avec « Suppressing Times » son set qui aura été énergique sur scène mais qui aura clairement manqué d’ambiance dans la fosse.

On monte d’un cran avec cette fois-ci, Kublai Khan TX et son Metalcore fortement hardcorisé. Sachant que je l’ai également déjà vu deux fois l’année passée, j’espérais que le groupe nous propose une setlist un peu différente des dernière fois. Ça ne sera pas le cas car les Texans sont venus en mode best of et, contrairement à ce que je disais juste au-dessus, ça marche toujours du tonnerre. L’ouverture sur l’exquise « The Hammer » reprise par toute la foule fait toujours son petit effet et l’enchainement avec « True Fear » réveille instinctivement le pit. Je n’en ai pas encore parlé mais le son est très bon, les guitares sont parfaitement audibles et les explosions de basse durant les breakdowns font trembler toute la salle. J’avais été déçu au Jera on Air que Matt Honeycutt (chant) se contente de quelques « wouf wouf » durant le concert. Ici, je vais être servi car, durant un instant, je me suis cru dans un chenil tellement il en pleuvait de partout. Au niveau de la setlist, Kublai Khan TX nous gratifie d’un « Theory of Mind » très bien accueilli et d’autres morceaux qui font le travail comme « Swan Song », « Boomslang » ou encore « Resentment ». Le pit est bien violent et je ne compte plus les side to side qui ont bien amoché les pauvres spectateurs amassés sur les côtés (dont je faisais partie). La formation clôt par « Self-Destruct » et la rapide « Antpile » devant une foule plus que conquise. Un bon concert classique et efficace, aussi bien dans son exécution que sa setlist mais après réflexion, ne vient-on pas voir Kublai Khan TX pour ça ?

Ça fait plusieurs années maintenant que Suicide Silence a perdu un peu de son aura. La preuve en est son placement en tant que première partie de luxe ce soir. En même temps, je ne vais pas revenir sur l’entièreté de la carrière des Américains mais il est vrai que leurs derniers albums n’ont pas eu le succès escompté. Même pour ce qui est du live, j’avais trouvé leur performance au Graspop 2017 très faible. Néanmoins, Suicide Silence semble avoir retrouvé du poil de la bête depuis 2-3 ans. Lors de leur dernier passage chez nous pour le compte du Impericon Never Say Die Tour en 2022, j’avais été fortement surpris par la qualité du set et je n’en attendais pas moins aujourd’hui. Une fois les lumières éteintes, le groupe débute par l’immense « Unanswered ». J’ai l’impression que, depuis la dernière fois, la formation mise tout sur ses classiques en nous les balançant les uns après les autres. Ça peut se comprendre vu le tollé qu’ils se sont mangé ces dernières années. C’est pourquoi nous allons également avoir « You Only Live Once » et « Fuck Everything ». Eddie Hermida (chant) est en forme et enchaine ses parties de manière remarquable. Seul survivant de la période trouble (2015-2021), « Love Me to Death » amène une bonne ambiance dans le pit grâce à son refrain entrainant.
Ensuite, alors qu’on partait pour le traditionnel wall of death de « Disengage », les Américains ont la bonne idée d’en proposer un, uniquement composé des fans féminines présentes dans la salle. De manière assez surprenante, le groupe n’avait pas encore joué de morceaux venant de son dernier album Remember… You Must Die (2023) ce soir, c’est chose faite avec justement « You Must Die ». Nous aurons aussi droit un peu plus tard dans le concert à « Fucked For Life » que je trouve quelconque. Le show se termine par « Wake Up » qui fait toujours plaisir et bien évidemment, on ne pouvait pas passer à côté de « No Pity For a Coward » qui est toujours autant adoré par les spectateurs. Au final, Suicide Silence m’aura, une nouvelle fois, surpris avec une prestation hyper efficace. Le public aura été un peu timide par moment mais cela peut, peut-être, s’expliquer par une foule majoritairement composée de fans de Hardcore qui n’en avaient pas grand-chose à faire des dinosaures du Deathcore. Cependant, pour ma part, j’ai passé un bon moment et on peut clairement dire que leur période sombre est bien derrière eux.

On arrive à la fin de cette soirée avec les Californiens de Lionheart. Avant que le show ne commence, le devant de la scène se remplit de plus en plus. Le sold out se fait doucement sentir. Ce soir, le groupe est donc venu fêter les 10 ans de son EP Welcome to the West Coast (2014) mais bien qu’il soit mentionné qu’il sera joué en entier, vous allez lire que ça ne sera pas vraiment le cas. Élément scénographique qu’on retrouve partout maintenant, nous avons droit au sempiternel rideau devant la scène qui disparait une fois que « Cali Stomp » se lance. J’ai beau avoir vu Lionheart plusieurs fois, je trouve que cette introduction est parfaite et permet de lancer les hostilités de la meilleure des manières. Durant tout son show, le groupe va nous faire voyager dans sa discographie en mettant tout de même l’accent sur la trilogie des Welcome to the West Coast. Malheureusement pour moi qui ne suis pas fan du troisième opus, je vais me manger « Live By the Gun », « Death Comes in 3’s » et « Hell on Earth ». Le public est directement réceptif à toutes les demandes de mosh pit, side to side et j’en passe. Ça ne me surprend pas (sachant que c’est mon album préféré de la formation) mais les morceaux qui ont les plus grosses exclamations proviennent de Welcome to the West Coast II (2017). Ainsi que ce soit « Vulture » ou « Trial By Fire », c’est le feu complet dans le pit et ça n’arrête pas une seconde.
Comme à leur habitude, Rob Watson (chant) et Richard Mathews (basse) n’arrêtent pas de blaguer et de raconter n’importe quoi entre les chansons, ce qui donne un côté festif à la performance. Un autre titre qui est fortement apprécié est « Valley of Death » qui est repris par l’ensemble de la salle. Concernant l’EP WTTWC, nous aurons effectivement droit à 5 chansons de celui-ci mais il manque tout de même « I Am Forever » et « Wasteland » pour qu’il soit complet. Je pinaille mais il y a un peu fraude sur la marchandise. Pour continuer dans le fun constant, Lionheart nous proposera des covers de « Break Stuff » de Limp Bizkit et de « Fight For Your Right » des Beastie Boys au milieu de deux autres morceaux. C’est sympa de leur part mais sachant qu’ils le font déjà depuis un petit bout de temps, il serait temps de changer un peu de registre. Après 55 minutes, les Américains terminent par la classique « LHHC » qui fait imploser un pit qui n’a pas arrêté. Bien que la setlist n’ait pas été la plus optimale selon moi (où est passé « Pain »), j’ai tout de même passé un bon concert. C’est vrai que le groupe donne la pêche et que ses prestations sont ultra festives. Du coup, il est difficile de ne pas s’amuser et je pense que c’est ce que recherche Lionheart. Mission réussie et vu l’affluence de ce soir, j’ai la confirmation que le Hardcore a la côte de par chez nous.
Remerciements au Biebob pour l’invitation.

Stick to Your Guns

Paleface
Parkway Drive