Que ce soit la Wallonie avec One Hour, la Flandre avec Temptations For The Weak et Bruxelles-Capitale avec Echoes of Nihil, on peut dire que personne n’est laissé-pour-compte. Bien loin d’être une compétition pour savoir quelle région est la meilleure, les musiciens vont plutôt avoir comme mission, ce soir, de nous prouver que la Belgique est un vivier fertile et qualitatif en termes de production Metal. En tout cas, c’est avec cette optique positive en tête que je descends sereinement les escaliers qui me mènent au sous-sol de La Zone.

Comme souvent quand on veut découvrir un nouveau pays, on commence par visiter sa capitale. Dans ce sens, notre tour de Belgique débute en son centre par les Bruxellois de Echoes of Nihil qui ouvrent donc la soirée. Directement, je suis frappé par l’énergie débordante du groupe qui, de son côté, s’est clairement donné comme objectif de chauffer l’entièreté des spectateurs présents. Pour y arriver, nous avons droit d’entrée à des riffs qui poussent sans réfléchir à bouger la tête et dont l’efficacité n’est certainement pas à démontrer. Musicalement, nous avons affaire à un Metalcore presque « Old School » avec des sonorités tirant davantage sur la facette Hardcore du genre, ce qui n’est pas pour me déplaire. Sans surprise avec cette description, la formation nous balance un paquet de breakdowns autant variés que rendre-dedans.
Néanmoins, pour diversifier les plaisirs, Echoes of Nihil propose aussi des moments plus mélodiques avec même des refrains en chant clair qui fonctionnent bien comme sur « Day By Day ». Même si le public est encore un peu timide à ce moment de la soirée, on remarque, à la vue des sourires, que tout le monde passe un bon concert. Après 40 minutes qui sont passées à une vitesse folle, le groupe termine son set par la très chouette « Blood Moon » et sa section finale (un breakdown lent et lourd) tout bonnement redoutable. Une bonne découverte qui lance parfaitement les hostilités.

Après une bonne petite demi-heure pour aller se ressourcer, on part dans le nord du pays pour accueillir les Anversois de Temptations For The Weak. Sans conteste la formation du soir avec la plus grande expérience, ayant notamment joué au Graspop et au Summer Breeze par le passé ou encore à l’Alcatraz l’année dernière. Rien que ça ! Cette confiance, gagnée avec le temps, se ressent sur scène où les musiciens ont l’air d’être complètement à l’aise et dans leur élément. A la différence de ses comparses du soir, le groupe propose un Metalcore davantage influencé par le Thrash Metal et qui n’est pas sans rappeler les débuts de Trivium ou BFMV par exemple. Il n’y a qu’à écouter les premières notes de « Tear It Down », qui ouvre le set, pour s’en rendre compte. D’ailleurs, le public est hyper réceptif et commencera à mosher lors de « Saviour » qui suit.
Pour le reste de la setlist, la formation va aller piocher dans l’ensemble de sa discographie avec des morceaux comme « In Between », « Clear Vision » ou encore « Homeland ». Les envolées mélodiques et les solos pleuvent dans tous les sens et permettent, quelque peu, à l’auditoire de respirer. Pour nous remercier, Temptations For The Weak nous abreuvera d’un nouveau morceau nommé « Crossroads » qui paraîtra sur le prochain album prévu pour plus tard dans l’année. Ce dernier comporte un refrain ultra entêtant et qui est facilement repris par la foule. Alors qu’on approche doucement de la fin, nous avons droit en guise de point final à la chanson « Trade This Life » qui se verra même récompenser d’un petit wall of death. En somme, ce fut une prestation plus que réussie et qui aura fait le bonheur des fans.

Pour le dernier arrêt de notre voyage national, partons dans le sud et faisons place aux Rochefortois de One Hour. Troisième fois en trois ans que j’assiste à l’une de leurs performances et j’avoue ne jamais avoir été déçu. Que du contraire, le groupe a le don pour amener un peu de folie lors de ses concerts et ce soir ne dérogera pas à la règle. Après une entrée en file indienne par le public qui donne le ton, les musiciens prennent place sur scène et nous balancent « Where is My Place ».
Comme pour les formations précédentes, le Metalcore proposé est loin des carcans modernes avec une approche me rappelant les grandes heures de Parkway Drive. Le morceau « Can I Play », qui arrive ensuite, en est d’ailleurs un exemple probant. Sans surprise, avec un nouvel EP fraîchement sorti l’année dernière et intitulé Go Fuck Yourself, nous allons avoir droit à quelques morceaux dans la setlist. Que ce soit avec « What’s Going On » ou le titre éponyme, on se retrouve facilement en train bouger sur les différents riffs qui sont fichtrement efficaces. Alors que nous n’avions pas encore eu notre petite touche d’humour, lors de « Civism », Fabian (chant) quittera la scène pour aller se chercher une bière et revenir chanter dans le public comme si de rien n’était. Je suppose que vous vous en doutez mais le public est en feu et met l’ambiance comme pas possible dans la fosse.
Après un « Awake » toujours aussi bien accueilli, One Hour nous gratifie d’une surprenante reprise de « Roots Bloody Roots » de Sepultura qui fera bondir l’ensemble de la salle. Avec presque 55 minutes au compteur, le concert se termine par la chanson « One Hour » et sous les applaudissements chaleureux des spectateurs plus que conquis. Bien évidemment, pour prolonger la fête et comme les dernières fois, le groupe invite le public à se trémousser sur du Kesha pour clôturer en beauté. Une fois encore, j’ai passé un bon moment devant un show qui a su parfaitement jongler entre humour, sérieux et agressivité.
Au final, on peut dire que peu importe de quelle région on vient, on retrouve des formations de qualité qui savent nous en mettre plein les oreilles. L’année 2025 commence bien et je suis sûr qu’elle nous réserve encore tout un tas de bonnes surprises. En tout cas, merci à tous les acteurs qui ont fait de cette soirée une réussite et vivement la suite.

One Hour


Trivium
Parkway Drive
Sepultura