Bloom, l’émotion brute en ouverture
Les Sydney-siders de Bloom ont ouvert le bal avec un set court mais percutant. Leur metalcore émotif a immédiatement capté l’attention du public : riffs mélancoliques, screams cathartiques et refrains fédérateurs. Des morceaux comme Out of Reach et Siren Song ont résonné avec force dans la salle, alternant entre tension et relâchement. Le chanteur a su transmettre une intensité rare, faisant de cette première partie une véritable montée en puissance. C’est comme si The Amity Affliction avait bouffé du Movements au petit déjeuner. Bloom, malgré une position d’ouverture parfois délicate, ont imposé leur nom et laissé une empreinte solide sur cette soirée.

Ocean Grove, au flow brut et explosif
Changement d’ambiance radical avec Ocean Grove, venus défendre leur univers hybride mêlant hardcore, nu-metal et groove alternatif. Le groupe a immédiatement fait monter la température avec CELL DIVISION et RAINDROP, transformant le Zappa en une fournaise, rappelant indéniablement Limp Bizkit, mais avec une fougue juvénile et impitoyable à en faire pâlir Fred Durst. Entre mosh pits, crowd surfs et chœurs scandés par le public, l’énergie du groupe a été contagieuse.

Le chanteur Dale Tanner, aussi charismatique qu’imprévisible, a alterné cris, raps et passages mélodiques avec une aisance désarmante, rebondissant comme une balle magique sur les murs adjacents de la scène. L’interaction constante avec la foule a fait de la performance d’Ocean Grove un moment à la fois fun et explosif. Les Australiens ont tenu le public du bout de leurs doigts à la manière d’une troupe de marionnettes, confirmant leur statut de groupe live incontournable. Une énorme claque, pour un groupe qui m’était jusqu’alors totalement inconnu.

Thornhill, élégance et intensité maîtrisée
Place ensuite aux têtes d’affiche de la soirée, Thornhill, embarqués en Europe pour défendre leur nouvel album BODIES paru il y a quelques semaines. Dès les premières notes de Diesel, la foule a basculé dans une transe collective, comme happée par une onde invisible. La prestation du groupe a marié la lourdeur tellurique du metalcore à une esthétique aérienne et cinématique.

Les jeux de lumière accompagnaient la musique comme une respiration commune; des éclats froids, des halos vaporeux, des pulsations rouges qui faisaient battre le cœur du Zappa au rythme des guitares. La voix de Jacob Charlton a envoûté l’assistance. On aurait dit qu’il convoquait les éléments pour peindre ses émotions en sons. Sur Lily & the Moon ou Where We Go When We Die, sa voix flottait au-dessus des têtes comme une prière électrique, fragile et puissante à la fois. Thornhill ont livré un set d’une précision chirurgicale, sans jamais sacrifier la part d’âme qui les distingue: cette tension entre la chair et l’éther, entre la rage et la grâce.

Les nouveaux morceaux, TONGUES et For Now, se sont fondus dans le reste de la setlist comme des constellations dans la nuit, confirmant la maturité d’un groupe qui sait désormais mêler puissance et introspection. Le final, d’une intensité quasi mystique, a laissé la salle dans un état d’apesanteur spatiale, suspendue entre le silence et les étoiles.
Ce plateau 100 % australien a démontré toute la vitalité de la scène metal moderne du pays: Bloom pour l’émotion, Ocean Grove pour la folie, Thornhill pour la beauté sombre et la maîtrise. Le Kavka Zappa s’est révélé l’écrin idéal pour ce genre d’événement. Le public belge, fidèle et passionné, a répondu présent du premier au dernier riff. Une soirée où l’intensité n’a jamais faibli, où chaque groupe a trouvé sa place et où la communion avec le public a atteint des sommets.
Merci à Flood Floorshows pour l’invitation et à Ludo pour les photos !

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