C’était important d’être à l’heure, car l’horaire aussi se devait d’être tenu dès ce premier jour. Et le numéro un à monter sur scène fut SET THE TONE, seulement 15 minutes après les premières entrées encaissées. Compte tenu de l’heure, un vendredi, autant dire qu’une bonne partie du public n’était pas encore là même si la salle comptait déjà pas mal de connaissances au groupe liégeois qui aurait mérité de jouer 15 minutes plus tard encore.
SET THE TONE fut là où on les attendait. Le set était assez classique et quelques imperfections dues au manque éthylique se sont faites entendre. Il était encore tôt pour voir le public réagir à la hauteur de l’énergie que le groupe donna. Ce qui n’empêcha pas celui-ci malgré tout d’être unanime et satisfait sur la prestation raccourcie de SET THE TONE.
AMEN RA était le successeur. C’était aussi visiblement le deuxième groupe pour qui le public avait choisi de se déplacer ce soir. A mon sens, son passage était stratégiquement prématuré. Il ne fut pas rare pour une partie du public de manquer soit carrément le set soit une partie. Personnellement j’aurais inversé l’ordre entre AMEN RA et MY OWN PRIVATE ALASKA, d’autant que qualitativement rien ne l’empêchait, les deux groupes se valant sur ce point. Une partie du public potentiel aurait sans doute fait le trajet, mieux assuré d’en avoir pour son argent.
Les deux premiers morceaux d’AMEN RA sont plutôt entrés par une oreille et sortis par l’autre. Trop préoccupé par mes réglages photos, j’étais. Une fois mon attention reportée sur ce qui se passe sur scène, j’étais content de constater que le set d’AMEN RA était différent du dernier que j’avais entendu. Ainsi si AMEN RA se répète dans la qualité de ses prestations qui nous emportent toujours, le groupe n’hésite pas à prendre le risque de varier la recette et ce malgré une main de guitariste, handicapée.
Le Toulousain de MY OWN PRIVATE ALASKA suscitait la curiosité. Un piano, une batterie, un micro et trois chaises lors d’une date qui s’annonçait lourde et métal, il y avait de quoi être intriguer. MY OWN PRIVATE ALASKA n’aura pas laissé indifférent. Tantôt fascinant, tantôt irritant. Le trio emmenait le public qui pour certains a eu du mal à se faire à la magie concoctée. L’absence de guitare a dû en dérouter plus d’un, alors que la mélancolie dévastatrice du groupe charmait les autres.
Pour clôturer, WILL HAVEN débutait sa tournée par la salle hutoise. Le groupe de Sacramento qui avait assuré la première partie de DEFTONES lors de son premier passage en Belgique était de retour.
Les albums entendus me laissaient un peu indifférent. A entendre autour de moi, je n’étais pas le seul et on pouvait lire sur les visages que WILL HAVEN n’était pas le plus attendu de la soirée. En concert pourtant, WILL HAVEN a développé un son bien meilleur qu’en studio. Avec une énergie bien palpable et non feinte. Musicalement par contre, WILL HAVEN nous laissait encore trop dans le flou. Certains emploieront les termes de néo-métal, d’autres de metal-hard-core, voire de post-hard-core ou de emo-hard-core. Métal assurément. Pour le reste, WILL HAVEN donnait l’impression de ne pas trop savoir où il veut aller. Une instabilité et une incertitude qui trouvent leurs sources dans les nombreux changements de line-up qui ont constitué l’histoire de groupe.
Si l’énergie développée a amélioré mon ressenti à l’égard du groupe, mon appréciation globale reste par contre mitigée. WILL HAVEN n’a pas su me convaincre et visiblement, je n’étais pas le seul. Le public éparpillé dans la salle trahissait un intérêt moyen pour ces derniers.
Qu’à cela ne tienne, la programmation était audacieuse, et on aimerait en voir plus souvent
des comme celles-ci en Wallonie. On diminuera le prix d’entrée un peu (10 et 12€) afin d’inciter un peu plus les frileux à se déplacer et de soulager les portes monnaies déjà mis à mal par l’essence à payer pour arriver jusqu’à la salle.

Set the Tone

My Own Private Alaska
Will Haven