Un peu d'histoire tout d'abord. L'Inferno Metal Festival a été créé en 2001 par Jens F. Ryland, le guitariste de Borknagar, qui a cédé sa place après deux ans à d'autres organisateurs.
Pas question de festival open air évidemment. C'est dans les deux salles du Rockefeller, qui est un peu l'Ancienne Belgique norvégienne, avec une grande salle et une petite, John Dee, en bas, que ça se passe.
L'Inferno, c'est le festival où il faut se rendre si on aime le metal extrême et qu'on veut voir des shows différents des grands festivals. Ici, les groupes (norvégiens pour la plupart) n'hésitent pas à donner tout ce qu'ils ont, à inviter des guests durant leurs shows, etc. pour offrir des concerts mémorables au public très international.
C'est certainement la proximité avec les membres des grands groupes norvégiens qui attire énormément d'étrangers au festival chaque année.
En plus des concerts, les organisateurs ont pris l'habitude d'organiser des événements annexes au festival : projections de documentaires metal dans des cinémas de la ville, spectacles d'humour, quizz metal, afterparty et même un car sightseeing des lieux cultes liés à la scène black metal d'Oslo lors de précédentes éditions du festival. Même le très classe hôtel Royal Christiania devient "metal" le temps du festival.
Le festival de trois jours est précédé comme toujours d'un club day, où des artistes se produisent dans des salles/bars/clubs partout dans la ville.
On décide de se rendre au Blå, où le label de Bergen Dark Essence Records et Propulsion Music font jouer quatre groupes de leur écurie : Helheim, Vulture Industries, Cor Scorpii et Krakow.
On arrive en retard pour Krakow.
Cor Scorpii ne parviendront pas à me tenir concentrée très longtemps, pas assez en place certainement.
Suivent Vulture Industries, absolument géniaux une fois encore. Ils jouent un nouveau morceau extrait de leur prochain album pour la première fois. Ça ne laisse présager que du bon !
Ensuite c'est au tour de Helheim. Très bon aussi. À la fin de leur concert, ils sont rejoints sur scène par Hoest (Taake) sur le morceau Dualitet og Ulver.
La première soirée se termine donc déjà.

Vulture Industries - © ChamO
Taake est le groupe qui a le plus retenu mon attention lors du deuxième jour, le moins bon selon moi.
Plusieurs invités ont participé à leur concert : Kvarforth de Shining, Jørn de Hades, Morten de Endezzma et Bjørnar de Vulture Industries).
Hate se sont détachés du reste grâce à leur professionnalisme, leur show précis et impeccable.
Puis mention spéciale à Chrome Division, pas ma tasse de thé musicalement, mais une bouffée d'énergie en fin de soirée qui fait du bien !

Taake - © ChamO
L'affiche du troisième jour me convenait beaucoup mieux : Moonspell pour un set spécial vintage, composé exclusivement de morceaux extraits de leurs deux premiers albums, Wolfheart et Irreligious, avec la présence de la chanteuse Carmen Susana Simões (de Ava Inferi), Witchcraft qui remplaçaient Ghost après leur annulation de dernière minute, Carach Angren qui ont fait forte impression au public norvégien, Aeternus qui se font plutôt rares en concert et Behexen.
Si l'affiche de la veille m'avait bien plu, celle du dernier jour suffisait à justifier mon déplacement à Oslo.
Ma soirée a commencé avec Baptism. Ensuite, Hades, eux aussi plutôt rares en concert, qui ont délivré une excellente prestation. Pendant ce concert aussi, le groupe a été rejoint par Hoest sur le morceau Alone Walkyng.
En fin de soirée, c'était le trio parfait : Solefald - Satyricon - Saint Vitus.

Solefald - © ChamO
Lorsque le festival a annoncé le nom de Solefald l'année précédente, j'ai eu du mal à y croire. Le groupe n'avait fait alors fait qu'une seule tournée à la fin des années 1990. Ses deux membres, s'ils continuent à collaborer en studio, n'habitent plus dans le même pays. Je n'aurais donc jamais pu espérer les voir en concert. Mais c'est arrivé grâce au jeune groupe In Vain (qui jouait également à l'Inferno cette année), qui constitue le line-up live de Solefald.
Ce soir-là, le premier à monter sur scène est un certain Christopher R. Rådlund, un artiste norvégien qui a peint un canvas de 1.5 mètre sur 3 mètres tout au long du concert. C'était la toute première fois que le groupe se produisait à Oslo, et ils avaient réellement l'air aussi heureux d'être là que leur public. Le set était très varié, avec des morceaux de toutes les époques, et le public très enthousiaste.
Le groupe qui a suivi Solefald sur la mainstage était la tête d'affiche du festival, les locaux de Satyricon, qui n'avaient plus joué depuis plusieurs mois pour se consacrer à l'enregistrement de leur nouvel album.
Ils ont d'ailleurs présenté un extrait de celui-ci, un morceau instrumental intitulé Gynst, en ouverture du concert. Un concert qui a duré plus de deux heures et été agrémenté d'effets pyrotechniques. Un show ultra pro, comme à l'habitude du groupe.
Puis le festival s'est terminé avec les papys du doom, Saint Vitus, qui se sont fait rappeler quelques fois.

Satyricon - © ChamO
En bref, les points forts du festival selon moi :
- L'endroit : Autant la petite que la grande salle sont agréables. La structure n'est pas trop grande, et même quand le festival est sold out, on respire toujours. Il y a des bars partout, des divans pour se reposer, et la terrasse sur le toit, c'est cool aussi.
- Le fait que ça commence relativement tard chaque jour (18h environ) qu'il n'y ait qu'une dizaine de groupes par jour, beaucoup moins fatiguant que les grands festivals en extérieur !
- Les concerts exclusifs proposés par les groupes qui mettent les petits plats dans les grands pour offrir des concerts uniques.
- C'est à Oslo, et Oslo c'est bien.
Les moins :
- Le prix : Ça ne dépend pas tant du festival que de la Norvège en général. Reste qu'une quinzaine d'euros pour une bière, c'est beaucoup.
- Le line-up : Le festival se démarquait à ses débuts grâce au fait qu'il offrait beaucoup d'exclusivités (concerts uniques, reformations de groupes, etc.) et maintenant, l'impression est qu'il se focalisent plutôt sur tous les événements annexes au festival, plutôt que sur l'affiche elle-même, et c'est dommage.
Borknagar







Hate

Moonspell
Witchcraft

Carach Angren

Behexen


Saint Vitus