L'endurance, ça se travaille! Au Magasin 4, ça fait un bon gros mois qu'on y pense. Au rythme de 4 à 5 concerts par semaine, l'équipe de bénévoles du Magasin 4 se lance tout doucement dans la dernière ligne droite des festivités organisées pour célébrer les 20 ans de la salle underground. Et si les matins se font parfois difficiles après une nuit arrosée, l'organisation du Magasin pourra en tout cas se targuer d’avoir réussi son coup. En ayant flirté avec le soldout à plusieurs reprises, notamment lors des venues de The Ex et Napalm Death, l'antre de la musique underground à Bruxelles aura également vécu de belles soirées avec, entre autres, Tagada Jones, Year Of No Light ou encore les Hollandais de Peter Pan Speedrock qui ont poussé le volume à son paroxysme.
Mais mardi soir, le 51b de l'Avenue du Port accueillait encore une bien belle affiche aux relents de Sludge et de Noise. En ouvrant ses portes aux Belges de 30,000 Monkies et aux Gantois de Drums Are For Parades, qui profitaient de l'occasion pour faire leur grand retour, le Magasin 4 mettait encore la musique de notre plat pays sous les spotlights. Mais en plus de ces deux groupes, deux combos venus d'ailleurs complétaient également l'affiche puisque les Anglais de H A R K et les Canadiens de KEN Mode faisaient également étape à Bruxelles ce jour là.

30,000 Monkies
Si le show des Limbourgeois de 30,000 Monkies n'aura malheureusement pas attiré la grande foule vu son heure peu tardive, le quatuor fait partie de ces groupes qui envoient du lourd. Avec Somewhere Over The Painbow, son deuxième EP, 30,000 Monkies développe encore plus le côté à la fois costaud et déstructuré de sa musique. Un aspect parfois même un peu tiré à l'exagération, comme en témoigne la fin de leur set qui s'est vue transformée en long fracas de larsen et de cordes torturées. Face à ça, le public, encore endormi ou pas encore assez imbibé (biffez la mention inutile), sera resté simple spectateur et ça se comprend.

H A R K
En deuxième position, les Anglais de H A R K venaient nous présenter Crystalline, leur premier album, sorti en mars dernier chez Season Of Mist. Les jeunes poulains du label franco-américain ont également envoyé une belle dose d'énergie qui, sans doute, sera mieux passée que celle de 30,000 Monkies. Mieux canalisée, la musique du trio british ne demande presque aucun effort pour être écoutée et appréciée à sa juste valeur.
Sur scène, H A R K donne l'impression d'un groupe déjà arrivé à maturité alors qu'il n'existe que depuis 2010 et ne compte qu'une seule plaque à son palmarès. Mais si le groupe fait en effet encore office de jeunot sur la scène internationale, son frontman, Jimbob Isaac, ex-Taint, en a déjà vu et ça se ressent. Au final, même si H A R K aura bénéficié d'une plus grande assistance, c'est bien avec eux que l'ambiance aura décollée mardi soir.

KEN Mode
Toujours occupés à promouvoir Entrench, leur cinquième opus, les Canadiens de KEN Mode sont, quant à eux, arrivés à maturité depuis belle lurette. Après avoir pondu deux derniers opus tous deux plébiscités à juste titre par la presse, la bande à Jesse Matthewson s'apprête à donner un successeur à son dernier effort sorti en 2013. Toujours sur la route, KEN Mode ne s'arrête pratiquement jamais et entrera en studio dès la fin de cette énième tournée européenne. Vous avez dit bourreau de travail? Et histoire de s'attirer les bonnes ondes, le trio originaire de Winnipeg a déjà donné un nom annonciateur à son sixième album: Success. Qui sait, il sera peut-être au rendez-vous.
Mais si sur album KEN Mode a depuis longtemps trouvé une certaine stabilité, ça ne semble pas encore être le cas au niveau du line-up, et ce, bien que les prestations du groupe soient d' une qualité assez constante. Après avoir consommé une bonne demi douzaine de bassistes, KEN Mode n'a visiblement toujours pas trouvé le bon remplaçant pour Darryl Laxdal, le bassiste originel du groupe. Après avoir tourné pendant une grosse année avec Andrew LaCour, voilà que lui aussi semble avoir disparu et laissé sa place à un certain Skot Hamilton. Mais sur scène, qu'en était-il? On aurait presque envie de dire comme d'habitude. Sans cesse sur la route et respectant à chaque fois la signification des trois premières lettres de son nom, Kill Everyone Now, KEN Mode aura une fois de plus fait le ménage.
Avec un set quasiment identique à celui joué au VK il y a de ça presque un an, KEN Mode n'aura pas omis de présenter un extrait de son prochain opus en nous dévoilant le morceau "Absolutly Not". Mais pour le reste, KEN Mode, c'est devenu une machine qui roule et qui ne s'arrête pas. Actif depuis 1999, le combo fait désormais office de valeur sûre de la scène Noise, un peu comme Kylesa l'est au Sludge et ce n'est visiblement pas prêt de s'arrêter.

Drums Are For Parades
En tête d'affiche ce soir là, on retrouvait les Gantois de Drums Are For Parades qui faisaient leur grand retour sur scène après quelques années de silence quasi complet. En 2010 le groupe emmené par Wim Reygaert nous pondait un petit ovni avec la sortie de Master, son premier opus. Le genre était nouveau et atrocement addictif. Une sorte de bombe nucléaire prise en pleine poire! Bref un truc qui déchire tout sur son passage et dont l'écoute ne laisse pas indemne! Mais alors que tout le monde attendait et souhait voir le groupe gantois poursuivre sur sa lancée, Drums Are For Parades s'est tout doucement laissé oublier.
En 2013, le combo annonce la sortie d'un nouvel album, Imperium, mais voilà, celui-ci fût loin d'avoir la même destinée que son prédécesseur. Mais ça, les membres de DAFP s'en foutent certainement et ils nous l'ont encore prouvé sur scène lors de ce "grand retour" au Magasin 4. Toujours obsédé par l'expérimentation musicale, le trio gantois nous a livré une prestation toute à sons image: imprévisible et étonnante. Mais voilà, il faut l'avouer, elle était aussi un peu chiante.
Alors que tout le monde s'attendait à nouveau à se prendre en pleine tronche un truc à la Master, Drums Are For Parades se l'est jouée un peu différemment. Le groupe, qui s'apprête d'ailleurs à sortir un split avec Sardonis, nous a dévoilé un visage plus doux, et surtout encore plus expérimental. En donnant une importance toute particulière aux claviers et en s'appuyant sur le chant de choristes, Drums Are For Parades, à défaut de décevoir complètement, a étonné. Et tel était sûrement son but en proposant les quelques nouveaux morceaux que l'on a pu découvrir sur scène. Mais le public, lui, ne s'y trompe pas et se déchaîne lorsque le groupe se décide, enfin, à nous ressortir les petites ogives à tête nucléaires qu'il a pondues en 2010.
Plié en à peine 40 minutes, ce set synonyme de comeback aura certainement eu l'effet escompté, du moins dans le chef du groupe. Pour ce qui est du public, sans parler de cassure car on en est encore très loin, l'état d'esprit était plutôt dubitatif avant même la fin du concert.

KEN Mode
The Ex
Napalm Death
Tagada Jones


30,000 Monkies



Kylesa