Le moins que l’on puisse dire c’est que le package proposé pour cette tournée allie cohérence et qualité. Malheureusement, je ne peux vérifier cette affirmation car mon arrivée hyper tardive me fait rater les locaux de Chimalba (et leur Metalcore / Deathcore / Djent, comme vous voulez) ainsi que le quatuor instrumental polonais Tides From Nebula, dont on me dira pourtant le plus grand bien.
Ce sont donc les Australiens de Circles qui me feront plonger dans le son si Djent qui caractérisera cette soirée. Ce qui n’est pas péjoratif. Comme cela sera le cas pour les autres groupes, je suis très agréablement surpris par la qualité sonore proposée ce soir qui fait honneur au style pratiqué : les basses sont fortes et profondes mais jamais agressives, et le rendu bien grave favorise sans problème les riffs typiques du style. C’est certes impératif dans cette scène, mais si on ajoute à cela le chant très juste (à la Tesseract) de Perry on obtient un excellent set qui captive complètement l’assistance relativement bien fournie de la petite salle de l’Exhaus. Musicalement parlant, inutile de voir le hoodie Meshuggah arboré par Ted à la guitare pour deviner l’énorme influence des Suédois sur le groupe, malgré quelques harmonies vocales ratées ou des larsens disgracieux. Avec un morceau final techniquement ambitieux et au demeurant excellent pour rattraper le tout, on tient là un groupe à revoir vite !
A les voir débouler dans la salle le sourire aux lèvres et commencer leurs préparatifs, on se dit que les gars de Monuments ont l’air de bonne humeur et en très bonne forme. Les balances prenant bien plus de temps que prévu sans que le groupe ne s’alarme, on finit quand-même par s’interroger, avant que Chris Barretto (ex Periphery) ne finisse par prendre la parole (alors que le concert à proprement parler n’a pas réellement démarré) pour expliquer que le groupe ne jouera que quatre chansons en raison de la récente blessure de leur batteur Mike Malyan (remplacé au pied levé par un ami du groupe). Les fans ne se priveront donc pas pour attaquer le set à fond, bien porté par le chant du charismatique Chris (à l’aise dans tous les registres), ainsi que par le son, excellent de clarté. Il se passe clairement quelque chose et cet enchainement réduit à Origin of Escape / Degenerate / Atlas / I, The Creator appelle à une suite l’année prochaine, ce que promet le groupe en conclusion.
Avant cette date, After The Burial avait déjà joué à l’Exhaus de Trèves dans deux configurations bien différentes : en ouverture de Suicide Silence en juin 2011 (grande salle, indoor), puis de Parkway Drive (open air) deux années plus tard. Deux dates bien différentes : la première montrait encore un groupe très soucieux de sa technique et de son impact mélodique (notamment ces fameuses parties « à la After The Burial » légions sur Rareforms et plus techniques sur In Dreams) tandis que la seconde voyait le groupe rechercher un impact plus fort, brutalisant son propos. Ce que l’on retrouva avec l'album Wolves Within d'ailleurs. Au final, on peut dire que After The Burial navigue entre ces deux effets sur cette tournée.
En cela, choisir de démarrer avec le très technique A Wolf Amongst Ravens semble très ambitieux. Le morceau étant cependant apprécié des fans (et parmi les meilleurs de Wolves Within), le choix n’est pas si idiot, puisqu’il permet de terminer les quelques réglages de micro et de guitares qui manquent alors encore un peu de pèche malgré le volume sonore élevé (bouchons indispensables). On craint que le groupe se perde à nouveau dans sa volonté de sonner plus agressif avant que Cursing Akhenaten ne vienne rappeler la science du riff made in After The Burial. Mais c’est bien l’enchainement My Frailty /
Encased in Ice qui va mettre le pit en ébullition, transcendé par ces bons extraits de l’album In Dreams, et leurs soli épatants. De quoi réagir favorablement aux invectives de Anthony Notarmaso (chant), malgré une batterie trop en avant, avant que Ometh et A Steady Decline ne viennent rappeler que le After The Burial plus ancien avait bien sa signature propre.
Anthony le dira lui-même, les shows plus petits sont plus difficiles à jouer car ils demandent davantage d’efforts de la part du groupe pour capter (et garder) l’attention de l’audience.
On remarquera alors que enchaînement avec Anti-Pattern (l’intro de Wolves Within) se fait sans encombre, le rendu live de ce morceau étant bien plus atmosphérique que sur album (ah cette production infâme...). Le bon moment, donc, pour sortir le gros hit de ce dernier album, Pennyweight, aussi lourd que mélodique et inventif. Une jolie tuerie qui amène tranquillement la fin du set avec un Aspiration toujours aussi marqué par son introduction et un Your Troubles Will Cease and Fortune Will Smile Upon You de clôture qui produit à nouveau un bel effet sur le public, satisfait.
Avec ce choix plutôt malin de setlist, bien équilibrée entre Rareforms (toujours très représenté), In Dreams et Wolves Within, After The Burial a livré un excellent set. On reste cependant septique sur cette perpétuelle volonté de muscler son discours (que ce soit dans le son global proposé ce soir ou l’attitude de Anthony) : eu égard à ses qualités intrinsèques, After The Burial pourrait s’inspirer de ces supports de tournée pour s’affirmer complètement dans ses qualités premières, entre technicité et mélodie.

TesseracT
After the Burial
Tides from Nebula
Circles
Meshuggah

