Pour la deuxième partie de sa tournée promo en support de The Paradigm Shift,Korn visite l’Europe en une dizaine de dates, comme c’était le cas l’année dernière. Et comme c’est déjà arrivé par le passé également, le choix de première partie étonne. Les Anglais de The Qemists oeuvrent dans un Drum and Bass comportant beaucoup de parties Electro, soit un style assez éloigné de l’univers de Korn. Un choix à mettre - peut-être ! – sur le compte de Jonathan Davis, dont les goûts restent ouverts, en particulier quand on repense à sa passion soudaine pour le Dubstep à l’époque de The Path of Totality.
Très énergique, le set des Anglais permet de faire un joli tour d’horizon du son de ces derniers, souvent rapproché de Pendulum ou The Prodigy, mais qui monte aussi des influences Linkin Park voire Rage Against The Machine pour le chant. Les deux frontmen se complètent d’ailleurs à merveille, entre (quelques) cris coupant un chant (très juste) pour l’un, et du phrasé plus hip hop pour l’autre. Entrainant, mais déstabilisant dans le cadre de ce soir.

Il y a belle lurette que les tournées de Korn se suivent et se ressemblent : outre le choix d’une première partie décalée, on a pu relever par le passé une certaine constance, aussi bien dans la qualité des prestations live du groupe, et en particulier de Jonathan Davis, que dans les choix de setlist. A l’exception peut-être de la tournée 2012 qui voyait le set se décomposer en 3 blocs distincts (Rarities / Dubstep / Classiques), les derniers lives de Korn s’articulent toujours sur les mêmes morceaux – une sélection d’ailleurs discutable - , auxquels viennent se greffer quelques nouveautés suivant l’album sorti à ce moment-là.
Et donc, à nouveau, nous aurons droit aux immuables Twist, Here to Stay, Right Now et autres Got The Life, Freak on a Leash ou Falling Away From Me. Côté nouveautés, quelques morceaux de The Paradigm Shift viennent modifier un peu ce contenu ultra classique, avec le très mélodique Hater, ainsi que les réussis Spike in My Veins et Love and Meth.

Curieusement, ce sont ces derniers morceaux qui retiennent mon attention, car proposant cette fraîcheur, cette nouveauté que Korn ne se donne plus la peine de proposer autrement en live. Pire, c’est même sur ces morceaux plus posés que l’on remarque un Jonathan Davis plus à l’aise, car autrement un peu en peine sur les classiques précités : son chant – au demeurant toujours juste – manque en effet singulièrement de puissance ce soir. Pour tout dire, Jonathan parait même à bout de souffle et, à l’image de ce qu’il faisait il y a quelques années, retourne régulièrement s’abreuver au masque à oxygène planqué entre la batterie de Ray Luzier et le clavier surélevé de Zac Baird. Il attendra d’ailleurs le rappel pour communiquer réellement avec le public, ce que je trouve toujours un peu dommage tant cela donne un côté impersonnel au concert.

Du côté de ses comparses le constat est presqu’identique : si le son reste de bonne facture (avec beaucoup de basse), seul Ray (et son jeu spectaculaire) semble s’éclater un tant soit peu ce soir, les autres donnant vraiment l’impression d’être là pour "faire le job" (Munky en particulier). Certes, Fieldy et Head (que l’on est heureux de revoir avec le groupe en salle, notamment pour distiller ses bidouillis à la guitare) échangent parfois de place sur la plateforme placée à droite de la batterie de Ray, mais c’est bien là tout ce que l’on peut signaler. Le public se met d’ailleurs au diapason de l’ambiance ainsi dégagée : malgré quelques sursauts (notamment quand Jonathan Davis arrive flanqué de sa célèbre cornemuse pour le traditionnel Shoots and Ladders), on reste assez loin de la folie que l’on pouvait connaître par le passé.

Un concert très standard donc, trop standard même, offrant peu, voire pas de surprise, excepté peut-être ce Good God pas si courant par le passé, et des lights très élégantes, mettant bien en valeur le groupe. Les fans voyant Korn pour la première ou deuxième fois se sont peut-être contentés de cette base minimale, mais les autres étaient clairement en droit d’attendre autre chose que ce concert paresseux sans réelle prise de risque. Pourquoi jouer encore cette cover de Another Brick In The Wall en clôture de set ? Voilà dix minutes qui auraient pu servir à mettre en lumière des titres phares, mais un peu oubliés, tels que ADIDAS, Faget, It’s On et autres Make Me Bad ou Thoughtless (pour ne citer que ceux-là !). Constat similaire pour le maigre rappel et ce solo de batterie inutile, tout autant que cette nième interprétation de Y‘ll Want a Single. Reste néanmoins le classique, l’incontournable, Blind final pour une clôture de set en bonne et due forme.

A l’image des quelques shows donnés aux USA fin 2014, on espérait un moment voir Korn venir célébrer les 20 ans de son premier album et en offrir une bonne tranche devant son public de fidèles, en salle. Il faudra peut-être attendre les concerts estivaux pour cela, en attendant Korn a livré un concert non pas médiocre, mais bien loin de ce que le groupe pourrait offrir s’il s’en redonnait les moyens. Espérons les revoir plus motivés, plus ambitieux et en meilleure forme cet été !
Setlist :
Intro
Twist
Here to Stay
Right Now
Love & Meth
Falling Away from Me
Spike in My Veins
Good God
Hater
Shoots and Ladders
Got the Life
Did My Time
Coming Undone
Freak on a Leash
Another Brick in the Wall
Encore:
Drum Solo
Y'All Want a Single
Blind
Credits photos :
www.mitch-rue.de
Facebook: www.facebook.com/mitchruephotography
Thanks Mitch !

Slipknot

The Prodigy