Après avoir accumulé un peu de retard en début de journée, et peu aidé par les travaux entravant la circulation à Ypres, j’arrive juste à la fin du set des Allemands Iron Walrus, qui accompagnent justement Crowbar pour cette petite tournée européenne. Dommage, je n’ai donc pas l’occasion de me faire une idée sur les deux groupes belges qui jouaient en ouverture (Sundays et Mark My Way), ce que je regrette un peu étant donné le désir toujours bien affirmé du Ieperfest de mettre en avant des groupes ''locaux'' de qualité. Quant à Iron Walrus, leur Doom/Sludge m’a semblé assez réussi mais je n’en ai clairement pas vu assez pour me forger une vraie opinion...

Je fais alors un rapide tour du propriétaire du JOC, plutôt bien foutu dans le genre : grand, bien pourvu en bar(s), doté de plusieurs espaces (dont l’un est consacré à la section More Than Music chère à l’organisation) et d’une salle de concert classique mais bien efficace, dont le son sera de très bonne facture pour la plupart des groupes. La scène en elle-même n’est pas spécialement haute, mais on n’assistera curieusement pas à un déluge de stage-diving comme cela peut être le cas l’été. Un environnement bien réussi en tout cas, complété par plusieurs stands de distro bien garnis, présents à l’occasion du festival. L’affluence est déjà bonne (il n’est que 16h), et même si le festival n’affichera finalement pas sold out, la fréquentation en soirée sera des plus denses.

Les Anglais de Renounced feront donc office, pour moi, de véritable groupe d’ouverture, et de très bonne surprise de la journée. Enfin, une demi-surprise plutôt, puisque j’avais été assez séduit par les rapides écoutes de leurs albums sur Bandcamp, qui dévoilent des caractéristiques et des qualités que l’on retrouve sur scène. En effet, très influencé par la scène Hardcore new-school des années 90 et notamment par des groupes comme Poison the Well ou Morning Again, Renounced œuvre dans un Hardcore intense, au chant hurlé, où surnagent de nombreuses parties mélodiques. Outre le fait que cela fait du bien de réentendre ce type de Hardcore en 2015, on note pas mal d’idées intéressantes (notamment au niveau de la guitare lead), et au final il ne reste au groupe qu’à prendre encore plus confiance en lui pour mieux s’affirmer à l’avenir.

Puisque l’idée cette année semble être d’alterner le Hardcore avec le Sludge ou le Stoner, ce sont maintenant aux belges de Your Highness de réveiller un peu l’assistance. Fêtant en quelque sorte la sortie toute chaude de leur City In Ruins, Your Highness délivre un set au son ultra lourd, tout en gardant ce petit feeling rappelant parfois des groupes comme Baroness (première période). Pour un concert énergique et réussi !

Retour au pur Hardcore ensuite avec les Allemands de Wolf Down dont j’étais très curieux de voir la prestation, huit mois après le Summerblast Festival, et surtout mené par leur nouveau chanteur, Dave, qui a la lourde tâche de remplacer la charismatique Larissa. Perdant donc peut-être en charisme et personnalité ce qu’il conserve ainsi en intensité, Wolf Down pulvérise la scène de ce Ieper Winter Fest avec un set enlevé, acrobatique, et tout à fait représentatif de cette énergie purement Hardcore qui construit encore aujourd’hui son succès. Le groupe a trouvé un bon remplaçant pour Larissa, de bonne augure pour la suite !
Hang The Bastard était clairement un des groupes que j’attendais le plus aujourd’hui. Leur musique, posée sur des bases Hardcore, mais bien essorée à coups de Sludge à la Crowbar, et appuyée par un chant limite Black, souffle pour moi une petite bouffée d’air frais, notamment avec leur dernier album en date Sex in the Seventh Circle. Comme attendu, ce sont donc les extraits de cet album qui me font la meilleure impression. Et comme attendu, les Anglais, plutôt à l’aise, et manifestement ravis de se produire sur la même scène que Crowbar, s’imposent sans problème à coups de riffs pachydermiques et d’accélérations plus en raccord avec les autres groupes de la soirée.

Avant dernier groupe à se produire ce soir, Strife entame à peine son 20 Years of One Truth tour, soit une poignée de dates précédant le prochain Rebellion Tour avec Madball, et leur permettant de célébrer leur album iconique One Truth. Même si certains fans lui préfèrent In This Defiance, force est de constater que les titres issus de ce One Truth restent de vraies armes sur scène, et ne prennent pas une ride. Le groupe s’en donnera à cœur joie pendant une heure, pour un anniversaire en bonne et due forme. Encore une fois, la scène Hardcore des années 90 est à l'honneur et s'en tire à merveille.

Crowbar est devenu un habitué du Ieperfest. Présents lors des éditions estivales de 2014 et 2012, les Américains assurent cette fois la tête d’affiche de l’édition ''Winter'' à l’occasion de ce nouveau passage en Europe, toujours en soutien du très bon Symmetry in Black paru l’année dernière. Mauvaise nouvelle pour les nouveaux fans cependant : cet album est très peu mis en valeur ce soir, Crowbar ayant choisi de n’en conserver que Walk With Knowledge Wisely.
Pour le reste ? Kirk Windstein (très disponible tout au long de la soirée, notamment au merch) nous atomise des riffs aussi lourds que mélodiques dont il a le secret. A ce titre, l’entame du concert sur The Cemetery Angels met tout le monde d’accord, et les quelques raretés comme To Build A Mountain ou New Dawn permettent de se rendre compte de la solidité de la discographie de Crowbar sur la durée. Restent néanmoins ces moments forts, les hits du groupe incarnés par les imparables Conquering, Planets Collide, I Have Failed et cette tuerie de Sever The Wicked Hand qui provoquera un joli mouvement dans les premiers rangs. Après une heure de jeu, quelques acclamations et un rappel sur All I Had (I Gave), Crowbar quitte la scène du Ieper Winter Fest comme il est venu, avec classe. Qui est encore surpris que Kirk Windstein ait choisi de privilégier Crowbar plutôt que Down après un tel concert ?

Voilà à nouveau un festival réussi à Ypres. Ce choix un peu surprenant à la base de mélanger Hardcore et Sludge/Stoner s’est révélé au final particulièrement percutant et a permis d’apporter autant de cohérence que de variété à l’affiche proposée. Une bien belle mise en bouche avant l’édition à venir en août prochain dont les premiers noms, pour certains très prometteurs, viennent d’être annoncés !


Toxic Holocaust
Iron Walrus
Mark My Way
Renounced





