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Live report 31-01-2016 par Guillaume 5 min de lecture

The Winery Dogs : ni fous ni sauvages, mais renversants !

Ce soir on a chacun sa raison pour venir voir The Winery Dogs : fan de Mr Big (coucou Richie Kotzen), des projets solo de Steve Vai ou David Lee Roth (salut Billy Sheehan) ou de (autant faire simple) Mike Portnoy, la perspective de voir sur scène la réunion de ces grands talents a de quoi motiver. Et puis, The Winery Dogs vaut bien plus que par son seul statut de all-star-band : le groupe a su dévoiler suffisamment de qualités en deux albums pour justifier sa pleine existence et l’accumulation relative de dates live – qui attirent les foules de surcroît.



Sans autre support local, c’est à Inglorious (Bastards ?) qu’il revient d’ouvrir cette tournée, dont c‘est la deuxième date aujourd’hui. Un groupe qui n’a rien d’amateur puisque mené par Nathan James, dont on a entendu la voix dans le Trans Siberian Orchestra et chez Uli Jon Roth. Le bonhomme a bien entendu de l’expérience, ce qui se sent irrémédiablement dans sa dynamique entrée en scène (Until I Die) et ses prises de parole.


(préparation d'avant concert...)

Tout à fait dans le ton, à l’aise, énergique et mélodique, Inglorious montre beaucoup d’envie même si la voix assez haut perchée de Nathan peut agacer à la longue. De facture au final assez classique puisque respectant à la lettre ses influences 70’s, le style de Inglorious fait quand-même mouche et constitue une belle entrée en matière – du reste fort appréciée par le public qui remplit copieusement la Kufa ce soir. A noter également, ces reprises de Rainbow et de Deep Purple, loin de passer inaperçues !



On ne peut pas dire que The Winery Dogs ait fait des folies pour sa production : lights efficaces mais classique, backdrop géant... et c’est à peu près tout. Evidemment, quand on compte de tels musiciens dans ses rangs il n’est guère besoin de recourir à de multiples artifices ! Mais même en faisant fi du CV de Richie et Billy, cette soirée constitue une occasion en or d’admirer le talent du duo, bien soutenu par un Mike Portnoy efficace en diable.



Sagement placé derrière ses éminents collègues (et on l'a connu plus offensif sur le sujet...) Mike Portnoy a l’air facile : il s’amuse, joue avec ses baguettes (au risque d’en louper quelques unes), intervient pour lancer quelques titres (non sans humour, sa cowbell le prouvant) et participe aux chœurs (fort réussis au demeurant), non sans commettre une petite boulette sur Empire – et de s’en remettre avec le sourire. Le terrain des dogs semble en tout cas lui faire le plus grand bien.



C’est que chez The Winery Dogs une certaine équité semble être respectée et chacun a voix au chapitre. Plus démonstratif qu'avec Mr Big mais misant toujours sur une certaine simplicité déroutante, Billy Sheehan réalise ainsi presque le hold up de la soirée. Doté d’un son de basse à tomber et démontrant sur scène tout l’apport créatif qu’il a pu proposer aux compos de The Winery Dogs, il nous gratifie de plusieurs moments d’anthologie dont quelques envolées apéritives (durant Hot Streak ou Captain Love) avant un vrai, grand solo en fin de set – monstrueux mais certes trop long.



Mais évidemment, celui que l’on attendait au tournant c’est le brillant Richie Kotzen. Concentré et appliqué, mais généreux, ce concert lui permet de montrer encore une fois l’étendue de son savoir-faire multi-instrumentiste, tantôt shreddant à la guitare (qu’il joue sans pick, faut-il le rappeler), tantôt croonant au piano ou à la guitare acoustique (Fire). Et cette voix... quelle voix ! Personnellement j’attendais ce show de pied ferme pour vérifier comment Richie rend les nouveaux morceaux de Hot Streak sur scène, et impossible d’être déçu à ce niveau. Évoluant avec classe dans tous les registres, il réussit à tous les niveaux et n’a que peu d’égal dans le genre.



Si l’ambiance risquait de retomber durant les espaces accordés à chacun pour les quelques solos d’usage, la fin de set avec le trio Ghost Town, I’m not Angel et Elevate réalise, elle, le carton plein avec ce qu’il faut de groove et de mélodie pour recevoir les acclamations nourries d’un public manifestement aux anges, et qui reçoit Regret et Desire en rappel très approprié.



Alors certes, en jouant sur certains effets plus techniques de son répertoire, le pendant live de The Winery Dogs perd peut-être son côté plus efficace qu’on lui connait en studio. Mais ce touché jazzy, cette énergie et ce feeling virevoltant... quel délice !



Remerciements à la Kulturfabrik !

Photos live : Michael Mechnig
https://www.facebook.com/MichaelMechnigPhotography/

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