
A 21h, place au show! Sur scène, quelques amplis et un énorme drapeau à l'effigie du groupe, rien de plus. Jesse Hughes fait son entrée, cape rouge sur le dos. Torse nu, tatouages à l'air, cheveux gominés et moustache bien peignée, l'homme fait ce qu'il sait faire de mieux: faire le pitre et amuser la galerie. Entrée triomphante, à l'image du personnage. Ils sont tous contents d'être là, nous aussi d'ailleurs. Les premiers accords plongent Forest dans une bonne humeur ambiante qui ne disparaîtra pas avant la fin du concert. Devant, ça se bouscule gentiment au son de morceaux tels que "I Only Want You", "Complexity" ou encore "Whorehoppin' (Shit, Goddamn)" tandis que sur scène Jesse Hughes et ses acolytes profitent de chaque seconde. Derrière eux se trouvent leurs familles, amis, techniciens. Pas de doute, si toute cette troupe profitait déjà de chaque moment avant le Bataclan, maintenant ils savourent encore plus chaque instant. Et si on peut facilement détecter une sacrée dose d'émotion dans le chef des musiciens, à les voir sur scène, on aurait presque l'impression que rien, ou presque, ne s'est passé. Show must go on, la vie continue et ça, ils semblent bien l'avoir compris.

Au niveau de la setlist, le groupe nous présente bien entendu de beaux échantillons de son dernier-né, Zipper Down, mais base le principal de son show sur ses albums précédents et surtout sur ses deux premiers opus, Peace, Love, Death Metal et Death By Sexy, qui restent sans aucun doute les deux meilleurs disques qu'ils ont pondus jusqu'à présent. Après un explosif "I Want You So Hard", le groupe s'offre un détour prolongé par les coulisses avant de revenir continuer à célébrer la vie avec les 2500 personnes présentes dans l'antre forestois. Jesse revient d'abord seul et nous balance un émouvant "I blow you a kiss in the wind" avant d'être rejoint par le reste du groupe pour un rappel carrément explosif. En reprenant "Brown Sugar" des Stones, les Eagles Of Death Metal replongent Forest dans un brin de folie.

Rejoint ensuite par tout leur staff ainsi que par les deux premiers groupes de la soirée, White Miles et Sinner Sinners, la troupe reprend en chœur un "I Love You All The Time" dédié aux victimes du Bataclan. S'en suivra un interminable "Speaking In Tongues" à moitié gâché par d'interminables solo de mauvaise qualité, mais largement relevé par un Jesse Hughes déchaîné qui s'offrira d'ailleurs un petit tour au balcon afin d'y claquer quelques accords. Clap de fin, finito, terminé, gedaan! Après plus de deux heures de concert, les Eagles Of Death Metal auront fait plus que leur job, ils nous auront carrément donné une leçon de vie à l'occasion d'un concert qui aura été exceptionnel a plus d'un titre!


Eagles of Death Metal
White Miles