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My life is music and music is life

Mardi 26 juin 2018

Mon homme se pose des questions de temps en temps. Ça me fait peur. Cet article est le fruit d’une de ses réflexions que je vous livre comme je l’ai entendue.

Lui : Tu ne trouves pas qu’il y a beaucoup de gens qui sont passionnés de musique mais qui ne sont pas musiciens ? C'est un peu comme les fans de motocross qui regardent passer les motos sans jamais monter dessus. C’est con, non ?
Moi : Ben je sais pas. T’es en train de me dire que je suis stupide parce que j’écris sur la musique sans être musicienne ? Ca va mal se passer entre nous, tu sais ça ?
Lui : Mais pas du tout, tu es la femme la plus extraordinaire du monde, je parlais pour les autres.
Moi : Ah bon.



Plus sérieusement et après avoir creusé un peu le sujet (que je finis par trouver intéressant), la pratique de la musique serait-elle un élément indispensable pour la vivre et la ressentir à 100% ? Est-ce qu’être acteur en première ligne de ce qu’on aime rend la passion plus forte et plus appréciable?
Avant d’aller plus loin, j’aimerais bien savoir ce que la musique évoque pour vous. Dites-moi tout.

Sexe, stress, émotion et drogue

Mathieu me répond, de manière assez claire, que la musique est la meilleure chose que l'on ait inventée après le sexe. Je dirais plutôt après le chocolat, moi, mais bon ;-)
Arnaud peut, lui, se poser dans un canapé et laisser tourner un album les yeux fermés. La musique lui apporte une passion qu’il ne trouve pas ailleurs. Sans elle, il serait plus aigri.
La musique est l’antistress et la passion de Christophe.
Elle prend de la place dans tout ce qui compose la vie d’Erik. La musique lui apporte du positif, la pêche le matin. Elle lui permet de se concentrer sur certaines choses et de prendre du recul sur d’autres.
Pour Philibert, la musique est aussi un accompagnement de tous les jours. Elle est dans sa tête, dans ses mouvements. La musique est un rythme et une émotion qui fait partie de lui.
La musique coule dans les veines de Béa et la vie sans elle est impossible. Béa est tombée dedans dès son plus jeune âge via un jukebox dans le café de sa grand-mère.
La musique est quelque chose de très englobant qui prend une place importante dans la vie de Vincent. Il en écoute du levé au couché du soleil et ses résidus l'accompagnent la nuit avec les acouphènes.
Yohann se décrit comme un music addict. Il se sent mal quand il ne met pas de musique, même juste en ambiance, c’est devenu une drogue. C’est son premier geste au réveil.

Ok, vous aimez la musique. Poursuivons.
La musique a un vaste champ d’action. Alors que certains écoutent et se bougent aux concerts, d’autres jouent, créent, organisent, photographient ou écrivent. D’autres encore font tout ça à la fois !

Pourquoi tu n’es pas musicien ?

Philibert Otto, ingé son, a joué principalement de la guitare et de la base mais plus pour le moment. L’idée de reprendre un jour trotte toujours quelque part dans sa tête. « Tout dépend de ton but, dit-il. Si tu joues de la guitare dans ton coin et que ça te procure du plaisir, c’est suffisant. Tu n’es pas forcément obligé de monter un groupe et de tourner en live. Chacun met la barre où il veut. Il faut allier le plaisir, l’envie, les possibilités, le temps et l’énergie qu’on peut y mettre. »
Philibert reconnaît que c’est très grisant d’être sur scène et que, derrière sa console, il ressent aussi du plaisir à produire le son d’un groupe.



Arnaud est lui bénévole pour le No Compromise Metal Fest. Il m’explique qu’il n’a pas vraiment la fibre « créativité/artistique » et qu’il ne pense pas pouvoir pondre des compos intéressantes. « J’ai l’impression de profiter et de savourer la scène, poursuit-il, sans grimper dessus avec une basse et du corpsepaint sur la tronche. Ma passion me satisfait et je ne me sens pas frustré de ne pas faire partie d’un groupe. »

Béa est également dans l’équipe des bénévoles du No Compromise Metal Fest et organise aussi des concerts au MCP Apache. Elle n’aurait pas pu être musicienne, trop de pression. Par contre, elle est heureuse de pouvoir partager son ressenti, le positif comme le négatif. « Je côtoie énormément de musiciens, explique Béa. Je me suis retrouvée avec des connus, des moins connus. Je vis même plus la musique que certains, je pense. Bon, je n'ai pas l'adrénaline qui monte comme eux quand ils sont sur scène mais je suis bien souvent derrière et je vois le public et ça c'est unique. »

Le temps !

Pascal, par exemple, va plusieurs fois par mois voir des concerts au Magasin 4, Kultura, Bota ou à l’AB. Il n’a jamais trouvé le temps ni l’occasion de devenir musicien. « Je n’avais pas forcément l’envie ni la motivation pour ça, dit-il. J’ai toujours préféré voir des concerts plutôt que d’en faire. Il faut trouver le temps, s’investir énormément pour parfois pas grand-chose. Trouver aussi les personnes avec qui le faire. »

C’est aussi ce facteur « temps » qui a freiné Mathieu pour devenir musicien. Il aurait voulu jouer de la guitare ou chanter. Chaque fois qu’il a essayé, ça a fini comme Kurt Cobain à la fin de ses concerts. Tout cassé. Il a alors laissé sa passion pour la musique s’exprimer dans l’organisation de concerts dont le Damned Soul Fest. « Deux choses importantes pour moi : que le public et les groupes soient contents. Si c’est le cas, je le suis également ! », conclut-il.

Christophe, ancien bassiste d’Exuviated
Exuviated


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, ajoute qu’il profite plus de la musique quand il est devant la scène que quand il était sur scène. « J’ai arrêté d’être musicien principalement parce que je fondais ma famille, poursuit-il. Cela a pris le dessus sur ma motivation à jouer de la musique même si ma passion pour la musique n’avait pas changée. Par moment, ça me manque mais je me rends bien compte que pour l’instant il me serait impossible de jouer dans un groupe, par manque de temps. »



Sébastien (The K
The K


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, Wyatt E
Wyatt E


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.) approuve. Oui, être musicien est énergivore. Il pense à ses connaissances qui veulent faire plus de concerts, plus de repets. Mais avec un boulot à côté et/ou des enfants, ils ont difficile de dégager du temps. Sébastien me parle aussi de ses potes musiciens américains qui ont des petits boulots dans des bars, par exemple, pour nouer les deux bouts. Puis qui partent deux mois en tournée en sachant qu’ils retrouveront un autre petit boulot au retour. Le marché de l’emploi n’y est pas saturé comme en Europe. C’est un choix de vie et d’organisation.
Et toi, comment tu fais ? « J’ai une nana qui travaille dans la musique et un chien, ajoute Sébastien. J’ai tout mon temps pour moi. Ma vie tourne autour de la musique. Avec Jaune Orange, je suis aussi lié, entre autres, à l’organisation de concerts. J’apporte ma petite pierre à l’édifice de la scène undergound même si ça passe inaperçu (rires). »

Support the undergound scene

Erik, le Dieu de ShootMeAgain explique qu’il est tout à fait possible d’être investi et passionné sans être en première ligne sur le devant d’une scène. « Il y a d’autres rôles tout aussi importants que celui de musicien, poursuit-il. Si tout le monde était musicien, qui s’occuperait du reste ? La scène underground a besoin de tout le monde. Les créateurs graphiques, les organisateurs, les chroniqueurs, le public. On est acteurs dès qu’on va à des concerts, même où il y a quarante personnes, parce qu’on sait que c’est important pour l’orga, pour la scène. On est tout autant impliqués que les musiciens. »

Yohann (Cryptogenic
Cryptogenic


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, Feed Them Lies
Feed Them Lies


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, bookeur, promoteur et organisateur) complète en m’expliquant que beaucoup de musiciens ne sont pas si consommateurs de musique ou actifs dans le milieu que ça. Il regrette que, souvent, la seule sortie musicale d’un musicien soit le concert de son groupe. Souvent, il ne se consacre qu’à son groupe. Yohann constate que les personnes qui ne pratiquent pas un instrument sont plus actives dans le milieu. « Nous ne sommes pas beaucoup donc on revoit toujours les mêmes têtes, affirme Yohann. Les personnes qui ne pratiquent pas d’instruments sont toujours à la recherche de nouvelles découvertes et essaient d’aller un peu partout pour soutenir les petites organisations et surtout vivre de leur passion. Le musicien vit pour sa musique et souvent, je ne dis pas tout le temps hein, il y a toujours des exceptions, ne se consacre qu’à son groupe. »



Vincent (Lethvm
Lethvm


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, Lamiral
Lamiral


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) confirme que, sans en faire une généralité, beaucoup de musiciens sont comme ça. « Pourtant, à Liège notamment, explique t-il, il y a des gens incroyables qui gèrent l'organisation de concerts, leur propre groupe et qui vont encore voir d'autres lives. Je pense qu'il n'y a pas de secret, c'est en s'investissant intégralement dans le monde de la musique qu'on fait des rencontres musicales et humaines qui permettent d'évoluer en tant que musicien. Donc, pour moi, aller voir des concerts autant de groupes locaux que de grosses productions devrait être une démarche naturelle. »
Comme certains l’ont souligné plus haut, Vincent me dit qu’être musicien demande beaucoup de temps et que c’est une question de choix. « Je ne serai jamais un grand joueur de squash, conclut-il, ni un grand connaisseur de toutes les dernières séries Netflix (Quoi ? T’as pas regardé La Casa de papel ?? :-) ), mais c'est parce que j'ai choisi de ne pas investir mon temps là-dedans. »

La musique est souvent viscérale, animale et vitale. On peut s’engager et s’impliquer de différentes manières avec elle. Chacun, musicien ou non, apporte son grain de sel pour que la musique et plus particulièrement la scène locale underground continue de vivre et de se développer. L’intensité des choses est une donnée assez personnelle. Le temps qu’on peut y consacrer aussi.
En ce qui me concerne, n’en déplaise aux fans de motocross :-), je continue à écouter de la musique, à vous observer et à écrire.


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AUTEUR : Isabelle
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évèn...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrièr...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe e...
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....
Ancienne journaliste notamment pour L’Avenir et SudPresse, elle a couvert, avec son carnet et son appareil photo, beaucoup de concerts et d’évènements culturels et musicaux en province de Luxembourg. Les conditions de travail des journalistes (qui ne sont toujours pas au top, soit dit en passant) ont fait qu’elle a réorienté sa carrière vers un autre secteur et qu’elle est devenue terriblement en manque… d’écriture. A rejoint l’équipe en juillet 2016....

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