Reportage

Durbuy Rock Festival 2017 - Jour 1 : Le choc des extrêmes

Bomal-sur-Ourthe (Durbuy Rock Festival), le 07-04-2017

Dimanche 23 avril 2017



C’est sous un soleil généreux que s’est déroulée cette vingt-et-unième édition de celui que l’on considère désormais comme le premier festival belge de l’année et très certainement l’un des plus chaleureux qui soient : le Durbuy Rock Festival ! L’occasion rêvée pour se retrouver entre metalheads et hardos de tous horizons et le tout dans le cadre charmant du petit village de Bomal-sur-Ourthe. Avec une affiche particulièrement éclectique et bougrement ambitieuse comme à son habitude, le Durbuy Rock a fait une nouvelle fois honneur à son statut de digne représentant de la sphère metal wallonne ! On rappelle que la recette gagnante n’a pas changé : deux scènes (une indoor, une extérieure), la possibilité de voir tous les concerts dans leur intégralité, un metal market et l’embarras du choix pour se sustenter. Nous prenons donc la direction des Ardennes pour cette première journée axée metal extrême et aux allures de ‘Metal Female Voices’ sur les bords...



C’est à InnerFire, premier groupe vainqueur du tremplin organisé par le festival, que revient l’honneur de lancer les hostilités. Et de quelle manière ! Malgré un horaire avancé, les Liégeois, emmenés par le charismatique Thomas Hubert dont la puissante voix se marie à merveille avec les harmonies de guitares, investissent la scène indoor et vont tout simplement impressionner l’assemblée à l’aide de mélodies saillantes et d’ambiances inquiétantes engendrées par des nappes de claviers et des riffs obsédants. Venus présenter leur dernier méfait, « Sacricide », on sent forcément que les lascars ne sont pas des bleus de la scène et au bout de la petite demi-heure qui leur est assignée, le groupe nous quitte avec le sentiment du devoir accompli, offrant au passage au Durbuy Rock son premier temps fort de son édition 2017. Quelle entrée en matière ! Un rouleau compresseur death et bien dark comme on les aime !



La motivation est d’autant plus grande pour les gars de Masters of Rebellions, deuxième et déjà dernier groupe tremplin de la journée. Ces derniers inaugurent quant à eux la scène extérieure en distillant un heavy metal dans la pure tradition du genre. Même s’ils n’inventent rien, les Carolos ont le mérite de mettre une terrible ambiance sous le soleil durbuysien. Combinant des riffs à une vitesse vertigineuse et un chant agressif partant par moments dans les aiguës comme savaient le faire leurs illustres ancêtres (on pense à Uriah Heep et W.A.S.P.), le groupe envoie une sacrée déculottée speed/glam bien aidée par un public particulièrement réceptif.



Avec ces deux apéritifs de qualité, la suite n’en est que plus attendue ! La salle du Sassin se remplit encore un peu plus pour l’arrivée sur scène des cadors de Göteborg : The Haunted. Grâce à leur thrash teinté de death et d’hardcore, les Suédois vont s’employer à réchauffer une foule qui ne tarde pas à déployer ses premiers pogos. Vêtu d’un pantacourt, le chanteur Marco Aro, de retour au sein du band après une longue absence, crache son venin enragé sur Trespass ou encore Hollow Ground. Ola Englund et Patrick Jensen, les deux guitaristes, sont littéralement possédés. Marco n’hésite pas à descendre de scène afin de grimper sur la barrière pour mieux apprécier l’ambiance s’évaporant du pit. Bury Your Dead et ses relents Slayer massacrent l’assemblée avant qu’une dernière punchline (Hate Song) ne porte le coup de grâce. On ne s’y est pas trompé, The Haunted nous a dégommés !



Dire qu’Evil Invaders a acquis une solide renommée au fur et à mesure des années est un euphémisme tant les natifs de Leopolsburg sont omniprésents sur les scènes nationales ! Jeune porte-étendard de la nouvelle scène thrash noir-jaune-rouge, le combo va une nouvelle fois faire honneur à sa réputation et, à l’image de leur look, proposer un show bien old school et guerrier à souhait. Les titres speed et thrash s’enchaînent à une vitesse vertigineuse et Raising Hell, As Life Slowly Fades ou encore Fast,Loud’n’Rude marquent particulièrement les esprits. Le show est carré et les lights somptueux accentuent cette impression de malaise déjà imposée par les regards menaçants et les cris rageurs du leader Joe. Sans grande surprise, le groupe a fait le job, comme à leur habitude…



Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Premier groupe à chant féminin de cette cuvée 2017 à monter sur scène : Delain et son métal symphonique ! Charlotte Wessels semble être en bonne forme en ce début de set, ce qui ne paraît pas être le cas de l’ingénieur du son. En effet, lors de la première partie du concert, le son des claviers sera difficilement perceptible par endroits. A cela, viendront s’ajouter quelques soucis d’ordre technique, ce qui n’empêchera pas le groupe de jouir d’une énergie débordante et d’une communication sans faille avec son public. Après une intro instrumentale (The Monarch), le groupe déboule pour envoyer un premier extrait de son nouvel album « Moonbathers » sorti en août dernier, Hands of Gold. Ambiance ‘Pirates des Caraïbes’ au programme, on craint l'espace d'un instant de voir débarquer Alestorm… Il n’en sera rien car Suckerpunch, résolument rock, vient vite nous rassurer sur la tournure du show. « I’m Not Jesus Christ ! » hurle la Batave rousse pendant Get The Devil Out Of Me. Ah ça, on avait remarqué… Heureusement, le calme revient avec Army of Dolls avant que le monstrueux Here Come The Vultures ne se répande agitant ses riffs lourds pour former un ensemble mémorable et magistral de six minutes de ‘classical’ metal symphonique. En guise de rappel, les Hollandais nous servent un Mother Machine death mélo sur les bords, un Don’t Let Go à l’homélie cyber-goth/trance et aux effets vocaux futuristes pour terminer sur We Are The Others et quitter l’assemblée sous les acclamations nourries.



Une légende du thrash teuton is approaching… Serrez les fesses ! Sodom est dans la place ! Membre du ‘Big 4 of Teutonic Thrash Metal’ (avec Kreator, Destruction et Tankard), les Germains semblent bien décidés à retourner la plaine du Sassin de toutes ses forces. Tom Angelripper, toujours fidèle au poste depuis les débuts du groupe, salue la foule avant d’entamer In Retribution du nouvel album « Decision Day » dont deux autres morceaux (Sacred Warpath et Caligula) seront joués ce soir. Ambiance vitriolée au programme ! Ce mastodonte balaie tout sur son passage. Il paraît que l’eau de l’Ourthe en tremble encore… On a pu une nouvelle fois apprécier leur reprise du Surfin’ Bird de The Trashmen et surtout deux grands classiques de leurs glorieuses 80’s que sont Remember the Fallen et Bombenhagel. Un show sans fioritures qui a démontré une nouvelle fois que les années qui passent n’altèrent en rien la passion et la force d’un géant cultissime ! Thrash Till’ Death !



« Bonjour, on s’appelle Arch Enemy et on vient vous botter l’cul ! » : voilà à peu de choses près ce qu’aurait pu être l’adage des Suédois propulsés en tête d’affiche de cette édition 2017. Le backdrop est déployé, l’intro Tempore Nihil Sanat (Prelude In F Minor) est lancée, le show peut commencer ! Et c’est ainsi qu’aux premières mesures de Enemy Within, les explosions de vapeurs massives retombent sur un public qui démarre au quart de tour. Michael Amott et Jeff Loomis se positionnent de part et d’autre de la scène et nous voici parti pour une chevauchée sauvage de 90 minutes avec en chef d’orchestre de tout ce beau bordel une Alissa White-Gluz resplendissante dont les growls acérés ne laissent personne indifférent. Secouant sa crinière bleu azur sur les accords de l’usine à riffs disposée à ses côtés, la Canadienne ne se laisse pas une seconde de répit. Revolution Begins et War Eternal s’enchaînent avant une première intervention : « Êtes-vous prêt à passer un bon moment, Durbuy ??? Vous souvenez-vous de l’album « Wages of Sin» ? ». C’est Ravenous qui est entamé et on se damnerait pour cette section mélodique en milieu de morceau. Avant You Will Know My Name, la chanteuse s’en revient sur scène vêtue d’un fantasque manteau à capuchon blanc et on se délecte devant les soli de Taking Back My Soul. Le drapeau est de sortie pour Under Black Flags We March, Maître Amott martyrise sa pauvre guitare pendant As The Pages Burn avant qu’Alissa n’intervienne une nouvelle fois et en français s’il vous plaît : « Je parle un peu français, vous savez on a sorti un nouvel album live ces derniers temps alors j’espère que vous l’avez acheté ! Il est très bon ! » sous les rires du public. La charismatique leader démontre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent sur No Gods, No Masters ou encore Dead Bury Their Dead. Un rappel plus tard et Blood On Your Hands vous scie littéralement en deux avant que Snow Bound nous permette de respirer quelques secondes. Pour terminer, la digne héritière d’Angela Gossow fait une nouvelle fois des merveilles sur Nemesis avant de nous quitter sur les orchestrations d’Enter The Machine. Un show propret et convaincant…



Dernier groupe à occuper la scène extérieure pour ce soir : les Italiens de Lacuna Coil. Malgré le froid qui commence à s’installer (rappelons une nouvelle fois que nous nous trouvons aux cœurs des Ardennes), la foule décide de le braver en accueillant comme il se doit Christina Scabbia et ses sbires pour une dernière envolée de metal gothique. Déboulant sur scène vêtus de camisoles de force psychiatriques tachées de sang, Christina et Andrea Ferro, les deux vocalistes haranguent les courageux métalleux encore présents et l’on s’amuse du maquillage impressionnant du bassiste Marco Coti Zelati dont le front comporte l’inscription « Fucking Cold ». En voilà un qui aurait préféré se réchauffer les miches à l’intérieur. La setlist sera bien entendu axée sur le dernier album « Delirium » pas spécialement au goût de votre serviteur mais bon, promo oblige comme on dit ! Malgré un très bon départ avec Ultima Ratio et ses chœurs mélancoliques, la suite s’annonce bien plus périlleuse pour la chanteuse que l’on sent en retrait par rapport à son comparse. De plus, ces nouveaux titres semblent fades à côté des classiques auxquels nous a habitués le groupe jusqu’ici. Et leur reprise bien connue de Depeche Mode, Enjoy The Silence, ne changera pas la donne. Heureusement, les Milanais se ressaisissent en cours de show et l’alchimie reprend aussitôt le dessus sur Trip The Darkness, Nothing Stands In Our Way ou encore Zombies. Un show en demi-teinte sauvé in extremis par une section rythmique beaucoup plus généreuse que la section vocale… A revoir !



Cette première journée se termine avec le show des joyeux lurons d’Eagles Road, coverband liégeois spécialisé dans le glam et le heavy bien kitsch. Du nom des membres du combo (Axel Rosenbloom, Ricky Barlows, Mr. Trash, Maxwell Jump, Crissy FoXxX et Tommy Beauregard) jusqu’à leur look composé de perruques et fringues typiquement 80’s, l’autodérision est de la partie ! De Bon Jovi à Twisted Sister en passant par Alice Cooper ou encore Van Halen, les classiques fusent et c’est avec ce dernier agréable moment que l’on s’en retourne à nos pénates, pensant à la journée de demain qui s’annonce toute aussi excitante…

LIVE REPORT DE LA DEUXIEME JOURNEE

Remerciements au Durbuy Rock Festival !

Photos live : Laurent Pierre (merci beaucoup !)

https://www.facebook.com/LauPi-Photo-1589330217959778/?pnref=lhc


https://www.flickr.com/photos/durbuyrock/albums






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AUTEUR : Panda
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, pas...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (métal/rock mais aussi pop, folk, new wave, électro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...

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