Alice Cooper
Alice Cooper2 galeries,
Kiss
KissVoir la fiche,
Ghost
Ghost2 chroniques · 4 galeries,
Slipknot
Slipknot3 chroniques,
Behemoth
Behemoth1 chronique · 8 galeries,
Buckethead,
Vurro
Vurro1 galerie,
Batushka
Batushka2 galeries,
Mgla
Mgla1 chronique · 3 galeries,
Uada
Uada4 galeries,
Punish Yourself
Punish Yourself2 chroniques · 16 galeries,
Briqueville
Briqueville2 chroniques · 3 galeries,
Sects Tape
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WyattE
Wyatt E.4 chroniques · 12 galeries,
Squidhead
SquidheadVoir la fiche,
Hell-o-Tiki
Hell-O-Tiki5 chroniques · 11 galeries, etc.
Est-ce qu’ils se trouvent tous moches au point de devoir se cacher derrière du maquillage, des capuches, des cagoules ou des masques ?
Ça doit sans doute être le cas pour certains mais on se doute bien qu’il y a une autre démarche là-dessous. L’envie de faire le buzz ? D’aller faire ses courses incognito ?
Et si cet article sort pendant la période des carnavals, il s’agit d’une pure coïncidence !
« Quand tu vois des groupes comme Behemoth
Behemoth1 chronique · 8 galeries, Gorgoroth
Gorgoroth1 galerie ou Inquisition
Inquisition6 chroniques · 3 galeries qui jouent des chansons sataniques, explique Franckie fan de metal,
je trouve qu’ils sont plus crédibles en ayant des visages grimés. Quand ils jouent en live, on aurait presque peur tellement ils sont dans leurs trips. Je ne crois pas qu'ils arriveraient à faire ressortir ça en étant simplement habillés. »
Natacha, designer chez Threadbare Artwork, approuve et ajoute qu’actuellement, la mode des capuches semble devenir le standard dans le black metal depuis l’énorme succès de
Mgla
Mgla1 chronique · 3 galeries.
« Des groupes comme Gorgoroth
Gorgoroth1 galerie, Marduk
Marduk2 chroniques · 3 galeries ou Watain
Watain2 chroniques · 1 galerie s’inscrivent dans une certaine tradition et cela fait partie de leur rituel, important et omniprésent, poursuit-elle.
C’est comme dans tout, certaines personnes innovent et d’autres suivent. »
Une accroche visuelle
Du côté des musiciens, on a d’abord interrogé
Hell-O-Tiki
Hell-O-Tiki5 chroniques · 11 galeriesoù chaque membre porte un masque de luchador (lutteurs/catcheurs mexicains). Le but est de donner un aspect visuel fort au groupe.
« Étant donné que nous faisons de la musique instrumentale, explique Faust,
le guitariste, il a fallu trouver une accroche visuelle. C'est vraiment devenu la marque de fabrique du groupe, on porte nos masques pour les soundchecks, pour démonter notre matériel, pour faire des photos.»
Faust poursuit en me disant que les concerts d’
Hell-O-Tiki sont conçus comme des shows. Fini les micros chant sauf pour la danseuse/musicienne qui annonce la fin du concert. Pour le reste, la communication avec le public se fait uniquement de manière non verbale.
« Un autre truc marrant, ajoute Faust,
c'est que la plupart des gens te regarde droit dans les yeux. Cela parait un peu flippant mais cela permet d'avoir des échanges assez intenses quand tu es en train de jouer. »
Chez
Squidhead
SquidheadVoir la fiche (dont la release party et le premier concert auront lieu le 2 mars 2018 à Marche), on porte un masque de Cthulhu (créature fantastique). L’envie est aussi de proposer un show complet, aussi bien visuel que musical.
« Notre promoteur a d’ailleurs beaucoup insisté sur ce point, explique Pierre, The Painter,
il ne veut plus voir que les masques, plus nos tronches. Je pense qu’il nous trouve laids en fait. Bon, je sais qu’il y aura toujours des gens pour dire que c’est grotesque et quelque part, c’est vrai. Mais ça marche. On retiendra toujours plus un groupe qui a un truc en plus sur scène que les dix autres à coté qui jouent en jeans et en t-shirt. »
Je me pose une question. Comment fait-on pour chanter, jouer et bouger avec un poids supplémentaire sur la tête et sur le corps? Ca doit ressembler à une séance de crossfit, non ?
Pierre me répond qu’il faut avoir un costume adapté à la scène. Les costumes et masques de Squidhead sont taillés sur mesure et les masques sont légers et très ouverts pour éviter d’étouffer sur scène.
Ensuite, il faut toujours faire une répétition en costume pour bien se rendre compte des mouvements possibles et du changement de champ de vision.
« Et aussi, s’habituer à la chaleur et au maquillage car, en effet, ça va chauffer plus que d’habitude », conclut-il.
Être quelqu’un d’autre
Wyatt E
Wyatt E.4 chroniques · 12 galeries aussi veut proposer un spectacle visuel et sonore. Quelque chose de proche du cinéma. Leurs masques sont d’ailleurs inspirés des tenues de combat de l'iaido, de la superbe du niqab, des masques de Magnhild Kennedy alias Damselfrau.
Pour les costumes, le groupe a fait appel à An-Julie Wesel, styliste et costumière. Elle a travaillé plusieurs mois sur le projet. Certains éléments faisaient partie d’un cahier des charges. La matière, par exemple, devait être noble tout en permettant de respirer.
« Porter un costume et un masque permet d’être quelqu’un d’autre et d’habiter un personnage sans nom sur scène, ajoute Sébastien.
On incarne un interprète en train de jouer la musique qu’on a composée. Porter un masque aide à être dans le ton et raccord avec la musique. Pour moi, c’est bien aussi de me différencier du mec en slip dans The K.
The K.3 chroniques · 16 galeries Porter un slip, c’est aussi être un costume. »
Chez d’autres, comme
Sects Tape
Sects TapeVoir la fiche, la démarche va encore plus loin. Avec sa cagoule pointue rose sur la tête, Dreaze m’explique que le masque du gourou est la seule façon de percevoir le maître. Aucune âme vivante n'a jamais vu le gourou sans un masque, si c'est vraiment un masque.
« Tes yeux le voient-ils vraiment, poursuit-il,
ou est-ce que c’est ton cerveau qui le compose parce que son vrai visage est trop puissant pour que tes yeux le voient ? »
Euh, je ne sais pas…
Dreaze me dit encore que l’anonymat et la célébrité sont des concepts qui n'existent pas dans la sagesse de sectes. Tous les adeptes sont un et le gourou est tout.
« La plupart des personnes sont très impressionnées, dit-il.
Certaines nous regardent avec du dégoût. En fait, cela n'a pas d'importance parce qu'à la fin de nos cérémonies, ils s'enfuient ou deviennent un avec nous. »
Hypocrite ?
Au sein d’
Uada
Uada4 galeries, les musiciens souhaitent se mettre en dehors de l’équation. À quoi ils ressemblent et qui ils sont n’ont aucune importance. Leur personnalité et leur ego sont volontairement écartés. Le groupe veut libérer l’art et laisser la musique parler sur scène, uniquement elle.
« Nous ne sommes pas intéressés par la gloire et notre intérêt personnel, m’explique Jake.
Nous ne faisons pas ce que nous faisons pour la célébrité. »
Pour Denis Halleux de Metallian, c'est complètement hypocrite.
« Si tu veux t'effacer pour laisser toute la place à la musique, dit-il,
tu ne montes pas sur scène, comme Abigor
Abigor1 chronique par exemple, ou tu joues dans le noir complet, comme Hemelbestormer
Hemelbestormer3 galeries. Si un groupe travaille son image, même si celle-ci tend vers une certaine pseudo dissimulation, c'est pour être vu et faire parler de lui. »
Denis complète son propos en disant que le public peut en arriver à faire attention à l’image et moins à la musique. À apprécier un groupe dont le mérite revient plus au costumier qu’aux riffs du guitariste.
« Qu’un groupe choisisse de ne pas jouer sur scène ou de ne pas partager ses créations en chair et en os, c’est son choix, répond Jake d’
Uada
Uada4 galeries.
Mais pour moi, il n’y a rien de plus fort que l'expérience de la musique live. Cette énergie et cette puissance ne peuvent pas être reproduites sur un enregistrement. Je partage mon art en live pour permettre au public de ressentir quelque chose de plus profond que les cannelures d'un vinyle. »
Jake ajoute encore qu’à certains moments, tout est parfait et que l'énergie de la foule l’électrifie. Dans un moment comme ça, il peut se lâcher complètement et se détacher de lui et du monde environnant.
Un buzz pas toujours partagé
Je reviens vers Denis Halleux de Metallian qui ajoute que la dématérialisation de la musique et la facilité de communication et de promotion offerte par Internet et les réseaux sociaux font la différence. Pour Denis, un look différent crée naturellement le buzz et aujourd’hui, le buzz est à la portée du premier venu capable de gérer un peu sa communication.
« Triste, mais réel, poursuit-il.
Peu importe la couleur du make up, la profondeur de la capuche, ou la laideur du masque. La motivation esthétique ne dissimule plus l’envie de créer le buzz. Même si certains le font avec plus de conviction et de réussite que d’autres. »
Pourtant, au Metal Méan Festival, le programmateur n’a que faire du look des musiciens. Il cherche un équilibre entre la qualité musicale et la renommée d’un groupe. Il n’est pas spécialement convaincu que les masques et grimages apportent un plus intéressant au show.
Au niveau de l'accueil des groupes, Stéphane du Metal Méan Festival, m’explique que les musiciens ont tout ce qu’il faut dans leur loge pour se préparer.
« Quant à ceux qui désirent rester anonymes, précise t-il,
je pense qu’il n’y a qu’un groupe qui ne s’est pas présenté en backstage. Le tour manager faisant le lien entre le groupe et l’orga. »
Cheese !
Avant de terminer, j’avais aussi envie de nourrir ce propos avec l’avis des photographes. Qu’est-ce qu’ils en pensent, eux, qui doivent capturer une ambiance ou une émotion ? Je vous dis tout de suite que j’ai interpellé deux représentants des meilleurs photographes, à savoir ceux de Shoot Me Again. Bah oui.
Marcela se souvient avoir shooté
Ghoul
Ghoul1 galerie et trouve que les masques apportent clairement un plus car la scénographie prend une place importante dans la performance, dans le style de
Gwar
GwarVoir la fiche.
« Sans leurs masques, poursuit Marcela,
cela perdrait un peu de cet effet. C'est vraiment très chouette à photographier car souvent cela est très cohérent par rapport au contexte et le fait que l'on ne voit pas leurs visages est compensé par l’ensemble de la performance. »
Fred ajoute qu’il est préférable, pour que cela reste un plus, de ne pas tomber dans des clichés trop évidents. Par exemple, prendre des photos d’un groupe de black metal en corpse paint ne le motive pas des masses.
« A l’inverse, dit-il,
j’ai une certaine attirance pour The Poneymen dont les têtes chevalines ont un rendu effrayant et malsain. Finalement, tu sais, masque ou pas masque, avec la pratique de la photo, je me rends compte très vite des groupes qui savent gérer leur présence sur scène.»
Alors, effet de mode ? Je pense que oui. À noter quand même que, chez certains, la démarche est plus aboutie et cohérente. Faut quand même pas oublier que derrière tout ça, on est supposé trouver, avant tout, un musicien qui sait jouer de la musique et pas un acteur ou un as du marketing.
Perso, je ne suis pas spécialement fan du genre. J’aime bien voir à qui j’ai affaire. Je trouve que les yeux et le corps d’un musicien sur scène disent tellement de choses sur lui et sur sa musique.
C’est sans doute mon côté fleur bleue que je découvre à l’instant (merde alors !).