Finalement, malgré son titre, Les Compteurs à Zéro, TAGADA JONES poursuit son chemin et garde un son fidèle à ses racines avec son aspect électro-indus insufflé dans le punk-hard-core si caractéristique au groupe.
TAGADA JONES est par conséquent toujours aussi énervé et en colère même si la plage titulaire qui ouvre l’album a ralenti le rythme et permis à Niko de poser un chant un peu plus mélodieux autour des passages vociférés.
Ce sixième album ne surprendra pas les habitués du groupe. Reconnaissable entre mille groupes, TAGADA JONES a développé un style bien personnel et ce n’est pas le mastering confié à l’Américain Ted Jensen (SOULFLY, METALLICA) qui dénaturera les Bretons. Si on est content de retrouver TAGADA JONES là où ils nous avaient laissés, même amputés d’un membre, on pourrait aussi et paradoxalement leur reprocher ce manque de surprise. TAGADA JONES fait du TAGADA JONES, point barre. Pas de mauvaise surprise donc… ni d’étonnement surprenant…
Seuls les textes en fin de compte ont évolué sensiblement. TAGADA JONES se veut plus global et moins accusateur. Toujours insatisfaits de notre monde, les TAGADA JONES ont préféré tenter la description grave et lucide de notre société, en abordant des thèmes comme la violence conjugale, l’oppression, la guerre, la politique… Ce n’est pas encore aujourd’hui que TAGADA JONES nous pondra un disque juste pour danser.
Les Compteurs à Zéro est de qualité égale aux précédents albums des TAGADA JONES. La production est impeccable et le disque se prend de face, comme un bloc. Le statut des Bretons n’est plus à démontrer dans la scène française et même internationale.

Tagada Jones
Soulfly
Metallica