« The bees made honey in the lion's skull » est une suite plus que logique de leur album « Hex : Or Printing in the Infernal Method » (2005). Musique contemplative aux accents bluesy/country où la redondance et le passage en boucle de certains riffs créent des nappes, des atmosphères, et autres couches incroyables qui vous emballent, vous promènent et vous font rêver tout en même temps. La chape de plomb reste présente. Une certaine noirceur transpire de ce disque, mais celle-ci est tout de même contrebalancée par ces riffs de guitare qui nous plongent en plein Far West. Accompagné d'un clavier discret mais offrant une trame intéressante d'un bout à l'autre. La batterie, style oblige, nous offre un jeux métronomique, entêtant, assommant, voir abrutissant.
On navigue dans un univers parallèle, perdu quelque part en plein désert. Assommé par le soleil et délirant avec la chaleur. Une musique nous accompagne lentement vers notre fin. Une musique drone dont les accents blues nous amène lentement à regarder en nous même. Alors que des mélodies aux accents country nous élève lentement vers le haut. Est-ce que je perd la tête? Ou est-ce la musique qui par son rythme m'a hypnotisé? Peut-être... Car au bout de cet album, ce n'est pas un sentiment d'ennui qui s'est installé, mais plutôt la relaxation et le plaisir d'avoir passé un bon moment. Quelque part hors du temps. Dans un univers où la vitesse et le rythme fou de nos quotidiens s'oublient dans un rythme abrutissant accompagné de mélodies douces et mélancoliques.
Avec ce disque EARTH nous offre un album d'errance toute en finesse. Exit le doom, exit le metal et la noise. EARTH fait maintenant dans le country drone. Pas d'explosions, pas décharges brutales. Tout est dans la contemplation. Les rythmes sont lents (oui je me répète, et j'insiste), et Dylan Carlson nous offre encore une fois un jeux de guitare superbe, tout en effleurement et doigté. C'est tout simplement beau comme un nuage en errance, seul dans un ciel désespérément vide.
La version vinyle profite d'un titre supplémentaire : « junkyard priest ». Mais profite surtout d'un artwork incroyable. Un double LP insérer dans une cover en peau de bible. Un truc de fou qui en fait un objet de collection plus que génial. Sur ce coup là, Southern Lord a encore réussit quelque chose de bon, et dont ils sont apparemment très fier également. Attention, la version vinyle est en édition dites limitée, et ne sera pas repressée. Voici l'artwork du LP : ICI
Earth