Il fallait l'oser et ils l'ont fait. Pour célébrer ses 25 années d'existence, le groupe allemand de heavy metal a décidé d'offrir un cadeau original à ses fans: un best-of de 11 titres de son répertoire complètement revisités.
Et quand on écrit revisités, c'est même bien plus que cela. Le groupe a complètement "désossé" la structure de ses chansons pour en proposer des versions très, très éloignées des perles métalliques qui ont fait, et font toujours d'ailleurs, le succès du groupe à travers le monde.
Le projet, un peu fou, a été dirigé par le producteur Charlie Bauerfeind. Et il ne manque pas d'originalité...
Sur "Dr Stein" qui sert, à nouveau de single pour appuyer l'album, Helloween a ajouté des parties de piano et de saxophones pour offrir un morceau très "groovy" qui navigue sur la vague pop jazzy d'un big band...
Il n'est clairement plus question de ...metal dans cet ouvrage audacieux. Non, on se surprend à redécouvrir des tempos complètement différents de morceaux qui déchiraient naguère tous les amplis. Ainsi, sur "Future World", c'est plutôt de folk dont il est question...
Il serait réducteur de crier à la trahison et c'est pourtant le sentiment qui habitera certains des fans quand "If I Could Fly" se déclinera de manière épique et harmonieuse dans leurs diffuseurs. Les parties de piano sont néanmoins grandioses...
On sent que le groupe n'a pas agi de la sorte pour commercialiser ses titres à grande échelle. Il n'a pas besoin de cela et ce n'est pas en agissant de la sorte qu'il y arrivera car cet album ne s'adresse pas au grand public. Et même si "Where The Rain Grows" en version acoustique se voit transformé en ballade langoureuse...
Le point fort de cet album complètement inattendu est certainement "The Keeper's Triology (Medley)", qui, comme l'indique son nom, est un morceau de plus de 17 minutes comprenant certains passages de la trilogie de Keeper Of The Seventh Keys interprétés par l'orchestre philarmonique de Prague. Là, on entre complètement dans la musique de film... Le chant d'Andi Deris est d'ailleurs appuyé par une chorale qui offre une allure de Rhapsody Of Fire à Helloween...
"Eagle Fly Free", quant à lui, jouit de percussions exotiques de Nippy Noya pour se rappeler à notre bon souvenir. Le percussioniste indonésien est un véritable spécialiste des congas, bongos, shek ou autre Cabasa et triangle et il apparait sur plusieurs titres dont "Fallen To Pieces", chanson déclinée sur de faux airs latino.
C'est dire si les gars d'Helloween sont allés loin dans leur délire...
Les flûtes de "Perfect Gentleman" plongent l'auditeur dans un univers folk bon enfant alors que "Forever & One" joue plutôt sur la corde sensible. Andi Geris y livre un chant remarquable et touchant de sincérité...
On croit revenir vers le metal sur les premiers rythmes de guitares d'"I Want Out" mais les choeurs d'enfants anéantissent rapidement ce sentiment même si le titre délivre toute sa puissance originelle.
Alors oui, on ne peut que féliciter de telles initiatives musicales qui ne manquent pas d'originalité. Et l'interprétation d'"A Tale That Wasn't Right" par l'orchestre philarmonique de Prague illustre parfaitement cette envie de faire apprécier sous un angle différent la structure des morceaux d'Helloween.
Mais le pari est osé car les aficionados de metal crieront, sans aucun doute, à l'imposture. Mais cet album ne s'adresse pas à eux. Il s'adresse uniquement aux fans de la première heure qui s'amuseront à redécouvrir leurs titres favoris.
Gageons qu'ils puissent apprécier cette citrouille empoisonnée comme il se doit. Car le festin risque d'être, pour certains d'entre eux, très indigeste. Et cela même si tout au long du DVD bonus délivré dans l'édition limitée, les membres d'Helloween justifient leur projet de "stressant" et le qualifie de "one-shot for fun".
Helloween
Rhapsody of Fire