Lorsque l’on m’a proposé d’écouter le EP, Le Vide est Forme des Français de ABYSSE, je ne m’attendais pas à retrouver ces sensations vécues il y a une vingtaine d’années. Le descriptif promotionnel mise sur ces ambiances puissantes, qu’on projette angoissantes et sombres ainsi que sur la construction progressive de ses plages, qui revoie inconsciemment vers les ténors de la scène Post-Hard-Core.
ABYSSE délivre deux titres. Seulement diront certains, mais pour un total de 22 minutes se doit-on de préciser aux amateurs des chiffres. Et c’est à mon sens plus du côté de la scène Metal et de ce fameux titre instrumental de METALLICA qu’il faut chercher la comparaison que de NEUROSIS, ISIS, CULT OF LUNA ou consorts.
Indiscutablement, le fait que les Français jouent sur les ambiances et sur des mélodies progressives permettent à ce jour d’apparenter ABYSSE à cette scène moderne. Par contre cela serait trop réducteur de s’arrêter à cette étiquette et de ne pas entendre tout l’héritage qui se cache derrière.
À en croire ces deux compositions, ABYSSE est voué à être un groupe instrumental. On ne retrouve donc aucun hurleur ici. Le groupe travaille par couches. Chaque sphère vient s’ajouter et chaque idée se succède avec force. Si effectivement le disque ne compte que 2 titres, les imbrications successives sont aussi nombreuses que pour un album. ABYSSE n’est pas avare dans ses compositions et ne se repose pas sur une et une seule ligne directrice, qu’elle soit mélodique ou rythmique.
Cette manière également d’enchaîner les passages, les riffs de guitares tranchantes, les rythmiques soutenues sans accroc, dévoile une technique hors pair de la part des musiciens. Une technique et une façon de composer démonstratives que l’on pourrait rapprocher par moments aux Guitar-Heroes, l’excès en moins. Car si ce savoir –faire est évident, pour ne pas dire nécessaire pour ce résultat, avec ABYSSE, il n’est point pompeux ou prétentieux.
À l’instar de Orion donc, tant de part sa forme que de son efficacité, Le Vide est Forme capte l’auditeur et l’emmène dans une descente introspective et progressive. Une descente hypnotisante mais pas étouffante, ce qui différencie ABYSSE de la scène plus moderne du Post-Hard-Core Metal. Si on m’avait dit que je retrouverais des sensations vécues plus de vingt ans plutôt, avec autant de bonheur et sans nostalgie, j’aurais eu du mal à le croire… Car Le Vide est Forme constitue bien une surprenante version, actuelle, de ce qu’un tel morceau avait pu apporter en son temps.
Metallica
Abysse


Cult of Luna