La preuve en est réellement faite avec Steelwing, nouvelle sensation suédoise composée de cinq jeunes musiciens talentueux.
Ces Scandinaves, à peine âgés d'une vingtaine d'années, se permettent de jouer dans le registre NWOBHM avec le culot et l'insouciance de leur jeune âge.
Et si vous n'avez encore jamais entendu parler d'eux, cela ne va pas tarder car la sortie de leur premier CD Lord Of The Wasteland risque bien de changer la donne.
Ne vous fiez surtout pas au dessin grossier de la pochette, pourtant réalisé par le dessinateur attitré de Megadeth, pour vous forger votre opinion car ce CD regorge de neuf pépites de heavy sauce eighties.
Ces gamins ont même poussé le vice jusqu'à se fringuer de clous et de cuir comme seul Bruce Dickinson savait le faire du temps de The Number Of Beast...
La similitude est même frappante et à la vision du clip de "Roadkill (...Or Be Killed)", première vidéo du groupe disponible dans la section media de SMA, on comprend mieux pourquoi le vocaliste Riley adopte la même posture et les mêmes mimiques que le frontman d'Iron Maiden.
"Nous sommes ce que nous sommes: des fans de heavy metal et on se fout de ce que les gens peuvent penser de nous", nous a déclaré le guitariste Alex dans une interview à venir.
Et dès l'entrée en matière, "Enter The Wasteland" nous plonge au début des années '80 dans l'univers du "Am I Evil" de Diamondhead, qu'un certain Metallica a déjà parcouru à de nombreuses reprises. Cette introduction en matière nous offre, en tout cas, une belle perspective sur ce qui va suivre...
Les nostalgiques de Judas Priest et de Saxon vont en avoir pour leur argent. Il suffit juste de fermer les yeux et d'écouter "Headhunter", le single "Roadkill" ou l'excellent "The Illusion" pour se laisser bercer par ses riffs qui ont marqué notre (mon?) adolescence.
Ne croyez surtout pas pour autant que ces jeunes gaillards nous ressortent de vieux plats pour en faire de nouveaux. La production est résolument moderne et ça sonne plutôt bien d'ailleurs. Chaque instrument occupe un espace d'expression qui lui permet de briller.
Les deux guitaristes sont très complémentaires et façonnent leurs riffs dans le roc(k). Leurs soli de guitare sont, eux aussi, clairement inspirés par ceux de Dave Murray (Iron Maiden) mais on s'en délecte sans modération.
Chaque titre est simple mais ce disque ne comporte aucun moment faible. Vocalement, Riley est à la hauteur et n'essayez surtout pas de l'imiter sur "The Illusion" sans quoi l'extinction de voix sera proche.
Certes, les textes abusent de certains clichés à la Manowar mais peu importe, on en sourit quelques secondes avant de communier avec la foi de ces jeunes pour ce voyage intemporel dans le temps. C'est aussi amusant que l'enfer!
Alors si le heavy metal occupe encore un peu de place dans votre tête, vous ne regretterez certainement pas l'acquisition de cet album.
En revanche, si vous vous trouvez dans la catégorie de ces poseurs qui jugent le style éculé, voire ringard, passez votre chemin. Car Steelwing ne peut pas se laisser approprier par ceux qui s'arrêtent à des préjugés pour se forger leurs idées (trop?) arrêtées...

Megadeth
Iron Maiden

