Et finalement, ça n'est pas plus mal car le combo californien a mis à profit ce temps pour gommer les petites imperfections de son prédécesseur.
Passée son intro acoustique, "The Ballad Of Leonard And Charles" n'a plus rien d'une ballade. Ses riffs répétitifs et la vélocité avec laquelle ils sont exécutés vous plongent dans le vif du sujet.
On est en plein dans le bon vieux thrash des eighties. Car, sans vous faire l'insulte de vous rappeler qui est Exodus, il ne faudrait pas passer sous silence ses trente années de carrière...
Le guitariste Gary Holt, un des deux membres originels du groupe avec le batteur Tom Hunting, a marqué de son empreinte le thrash grâce au son si particulier qu'il parvient à extraire de sa guitare. Une fois encore, il puise dans ses acquis pour nous offrir sa musique dévastatrice. Ce n'est pas révolutionnaire mais c'est diablement efficace...
Il y a, effectivement, dans cet Exhibit B de sérieux relans des eighties. Rob Dukes, derrière le micro depuis 5 ans déjà, se permet même quelques hurlements qui nous font regretter Baloff sur "Hammer And Life". Chanteur quelque peu décrié par les fans d'Exodus à ses débuts, il semble enfin être à l'aise dans ses pantoufles.
Exodus a compté dans ses rangs un certain Kirk Hammett (Metallica). C'est dire si la guitare a toujours occupé une place prépondérante dans le groupe. Et sur ce disque, Gary Holt semble enfin assumer son rôle de leader. D'autant qu'il peut s'appuyer, avec Lee Altus (Heathen), sur un comparse de choix. Ces deux-là forment une sacrée paire de guitaristes.
La vitesse d'exécution de "Class Dismissed (A Hate Primer)" et son tourbillon de riffs rappellent les années Pleasures Of The Flesh. Rob Dukes n'est d'ailleurs pas en reste non plus en poussant sa voix dans ses derniers retranchements...
La production, assurée par l'inoxydable Andy Sneap, est irréprochable. Le bon vieil Andy connaît la bande à Gary sur le bout des doigts et parvient toujours à en tirer la quintessence.
Certains titres donnent, néanmoins, l'impression de tirer un peu en longueur et on a parfois le sentiment que les gars d'Exodus essayent d'en faire un peu trop pour épater la galerie. Certes les breaks et les soli de "Downfall" sont magistralement exécutés mais sa durée aurait pu être réduite de moitié...
Mais bon quand on aime, on ne compte pas. Et parfois la longue croisade des thrashers se justifie totalement. On pense ici à "The Sun Is My Destroyer", morceau de plus de neuf minutes sur lequel Tom Hunting démontre qu'il n'a rien perdu de l'aura du batteur qu'il était sur le mythique Bonded By Blood. Que dire alors du duel de guitares que se livre Lee Altus et Gary Holt si ce n'est qu'il est "schizophrénique"...
Non, Exodus n'a rien perdu de la violence qui le caractérise. Et il peut aussi très bien l'exprimer brièvement comme sur l'excellent "Burn, Hollywood, Burn". Ce titre qui stigmatise les dérives de la jetset et des starlettes hollywoodiennes va à l'essentiel du thrash avec une puissance dévastatrice qui pousse l'auditeur à accompagner Rob et à hurler, bras ouverts et doigts recroquevillés ce satané Buuuuuuurn...
Sans être un véritable brûlot, Exhibit B: The Human
Condition est un très bon album de thrash qui ne dépareillera pas dans la discographie d'Exodus. Si vous êtes fan du groupe, vous y trouverez largement votre compte. En revanche, si vous êtes à la recherche de LA sensation thrash de l'année, fouillez un peu plus dans nos chroniques...

Exodus