Actuellement, ce « Pyramid of the sun » est peut-être ce que j'ai pu écouter de mieux du groupe. J'avoue également ne pas avoir été un grand fan des compositions passées du groupe, peut-être parce que j'y avais porté une oreille trop distraite. Toujours est-il que cet album est une vrais perle, souvent considéré ici ou là comme un des meilleurs albums sorti en 2010, et peut-être à juste raison. Qu'il plaise ou non, il a le mérite d'avoir une certaine inventivité. D'ailleurs comment étiqueter cet ovni musical ? Il y'a certes une base punk quelque part là derrière, si pas clairement dans la musique au moins quelque part dans l'histoire du groupe. Une étiquette relevée ici ou là est « Synth-heavy dance epic prog », ouf ça c'est de l'étiquette. La musique de MASERATI est clairement construite sur une base solide de rythmiques : une batterie incroyable qui balance un rythme énergique et très dance complété largement tout au long de ce disque par des tempos et autres sonorités électroniques psychédéliques. Cet apport imposant d'électronique était semble-t-il un souhait de feu Jerry Fuchs. On retrouve même Steve Moore de ZOMBI en guest clavier sur le titre « Oaxaca ». Il fallait oser cet apport massif de synthés et c'est assez réussi car le mélange rythmique, les sonorités électroniques et les guitares sont assez complémentaires. Le jeu des 6 cordes est assez progressif, du genre un poil épique, carrément psychédélique et légèrement heavy, juste ce qu'il faut pour ne pas être trop doux ni mielleux et garder la rage d'un groupe punk. Jouant abusivement sur les effets de delay le groupe nous offre un bon mélange de rythmique groovy et de guitares euphoriques. Ajoutons à cela un jeu de basse carré, qui balance sévère sur une rythmique implacable et vous obtenez ainsi une idée brève de ce que MASERATI peut offrir comme musique particulière.
Si le disque ne m'a pas scotché dès le départ, on peut dire que sur la longueur c'est un album qui s'incruste, déroulant doucement en lentement ses saveurs, insinuant en vous un plaisir d'écoute répétée, une envie de redécouvrir une rythmique entêtante et agréable, de celle qui vous plaît et vous tortille en même temps. Même chez un gars comme moi qui n'aime pas trop l'électronique MASERATI a su faire mouche. « Pyramid of the sun » est définitivement un bon album, un disque qui vaut le détour, oeuvre posthume d'un batteur malheureusement disparu, un disque hommage d'un groupe envers son batteur. Belle réussite!
LCD Soundsystem