Si certains groupes comme Kvelertak y puisent sa puissance pour la combiner avec une musique très punchy et rock’n’roll, d’autres comme Deafheaven préfèrent utiliser les ambiances sombres et malsaines du black-metal pour les intégrer dans quelque chose qu’on pourrait définir comme une base post-rock screamo. Ca c’est implacable à la vue de la structure de l’album (4 titres pour 38 minutes) et à l’écoute des premières minutes de ce Road To Judah. Une lente montée en intensité typique avant l’explosion tout aussi typique. Mais ce climax se veut autant rapide qu’intense.
Le groupe se laisse le temps de créer les ambiances douloureuses (oui le côté screamo mélangé au black ça prend aux tripes) avant de détruire le monde par un mur de son tonitruant. Qui laisse souvent place à un retour au calme glauque, une ambiance d’après-guerre qui empêche la douceur d’exercer ses facultés apaisantes. Plutôt comme une pause entre deux coups de tonnerre qui rend l’attente encore plus insupportable. Mais c’est aussi ce qui rend cet album digeste.
Si la production sonne un peu roots de prime abord comme sur les premiers albums légendaires de black-metal (Marduk, Immortal), le côté contemporain est indiscutable surtout au vu des effets de guitare déployés par le groupe. Dans la scène actuelle, les comparaisons avec Wolves In The Throne Room sont inévitables mais Deafheaven pousse selon moi plus loin le mariage improbable entre black-metal et post-rock gentil… dont ils ont d’ailleurs gardé les jolies coiffures et chemises à carreaux.
Encore une jolie sortie par Deathwish Inc. (label du chanteur de Converge) qui, avec la sortie de l'album des Belges de Oathbreaker, pourrait bien se positionner comme le fer de lance de ce mouvement "black-core".

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