Depuis ses débuts chez Neurot Records en 2004, ENABLERS par le biais de son chanteur a élevé le registre du Spoken Words dans une nouvelle dimension. Avec un chant qui tient plus de la poésie, Pete Simonelli brise les barrières conventionnelles. La prose vocale s'allie aux mélodies minimalistes du groupe. Le tout rythmé par un jeu de batterie habile et alambiqué que l'on doit à Doug Sharin (ex JUNE OF 44, Ex CODEINE) devenu membre permanent.
Ne vous méprenez pas, ENABLERS n'est absolument pas mauvais sur disque. Que du contraire, et Blown Realms And Stalled Explosions ne fera pas exception. Mais lorsqu'on a assisté aux prestations scéniques du groupe, il est difficile de ne pas ressentir l'absence physique du groupe. Pour preuve, c'est d'ailleurs sur scène que le groupe a gagné sa réputation. Adepte des tournées DIY, ENABLERS ne trompe personne, c'est sous les projecteurs et face au public qu'il vit et s'exprime le mieux.
Si je vous invite à aller voir le groupe en salle, il faut quand même que je vous parle un peu de l'album. Il correspond au style du groupe. A savoir des textures sonores et musicales développées et fines. Eloquent et ouvert à l'imagination, ce nouvel album de ENABLERS pioche dans différents registres pour une refonte assez personnel du style forgé par le groupe. La poésie et la narration sont toujours au centre des compositions. ENABLERS s'offre une incursion surprenante dans le Math-Rock sur Hard Love Seat. Ni Post-rock, ni Math-Rock, ni Indie, ni Noise, ni Spoken Words, la musique de ENABLERS est un peu tout ça à la fois. C'est là que l'on atteste de la grande maturité du groupe. Avec aisance, la troupe est capable de jongler avec des ambiances intimistes et des explosions de violence contenue.
Découvrir ENABLERS par le biais de ce disque n'est pas une mauvaise expérience. Mais comme dit précédemment, il vous faudra compléter l'aventure par la scène pour mesurer pleinement l'ampleur artistique du groupe.

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