Mais commençons par le somptueux emballage. A la réception de ce disque numéroté à 200 exemplaires, je me suis demandé si j'allais le déballer. Reçu dans une enveloppe cacheté par un vrai sceau de cire, doublement crucifié à l'envers, il contient un packaging sobre, noir comme son enveloppe qui donne le ton. Disponible également en vinyle, le disque est un objet qui vaut déjà le détour par son habillage.
COILGUNS ouvre le bal avec deux titres inédits dont le long Mandarin Hornet qui s'avère être une petite merveille de 7 minutes. Généralement énervé et expéditif, entendre les Suisses s'aventurer dans un titre à rallonge qui ne perd aucune once d'énergie est un vrai régal et une fameuse promesse pour l'album à venir. Son intro tendue et progressive démontre que COILGUNS n'a rien perdu de la verve de son Post-Math-Core endiablé. Volontairement gras et aiguisé, ce titre va laisser s'abattre un déluge frontal éreintant mais puissant. Capable d'écarts entre BREACH et BOTCH, COILGUNS balance sans hésitation une gigantesque gifle bien claquante avec des enchaînements plus virulents les uns que les autres. Dewar Flasks est tout aussi agressif, mais il ne fait que 2 minutes. Dans un format bien plus classique de COILGUNS, il nous met une trempe comme on les connaissait déjà. Même si il apporte bien moins que son prédécesseur, ce titre laisse entrevoir l'évolution du side-project devenu projet à part entière. Cohérent et abouti, il ouvre lui aussi la porte de l'impatience pour l'album à venir.
Après ces deux titres de COILGUNS, se sont les Allemands de NEVER VOID qui nous refilent deux fessées. Moins chaotiques que les Helvètes, ils ne sont pas en reste pour faire court. Gras et noir, c'est dans un registre Power Violence et Crust Métal qu'ils s'inscrivent. Auteurs déjà d'un album, les teutons livrent une bonne dose d'assauts où le ralentissement sur Direktore donne le coup de grâce. Même si leurs deux titres ont une carapace connue, leurs intentions et l'exécution restent fortement appréciables.
Suivent ensuite deux fois deux titres lives. Deux enregistrements à Emmen pour les Allemands et deux autres à Berlin pour les Suisses. Même si l'enregistrement n'est pas trop mauvais, j'avoue que cette partie est plus secondaire au split. Elle démontre que chacun des deux groupes n'est pas surfait et que tant l'énergie que la violence de leur prestation est naturelle en studio comme en live.
Les titres enregistrés en studio avec ce sublime et simple packaging auraient suffi à me séduire. Découvrir les Allemands et entendre les Suisses atteindre une maturité du meilleur aloi pour l'album à venir remportent l'intérêt sur le nombre de plages proposées.

Coilguns
The Ocean
Breach
Botch