Après le côté urgent et destructuré du premier chapitre, Circle Takes The Square semble vouloir revenir à ses sources avec un screamo intense et un rythme plus classique. Ce qui leur permet évidemment de jouer sur la puissance et les émotions. Les voix claires font leur apparition de manière très réussie. Auraient-ils gardé le meilleur pour la fin (ce deuxième chapitre donc) ? Les premiers titres prennent effectivement beaucoup plus aux tripes, des sensations qui rappellent leur excellent premier album As The Roots Undo.
Si la spontanéité et l'énergie sont au rendez-vous, Circle Takes The Square me semble moins à l'aise dans l'exercice black-metal qu'ils tentent sur Singing Vengeance Into Being. La batterie, sur les parties les plus rapides, semble à tout moment vouloir rattraper le reste des instruments. Le groupe retrouve ici son côté destructuré mais les transitions sont tellement décousues et inattendues qu'il devient difficile de suivre le morceau. Seuls quelques riffs imparables sauvent réellement ce morceau.
Le constat sur cette difficulté d'écoute de la musique est le même sur Arrowhead As Epilogue, qui n'en pourtant pas un (d'épilogue). Inévitablement, on décroche. Dommage qu'en ces quelques titres Circle Takes The Square ne soit pas parvenu à me garder concentré. Sauf pour me surprendre une dernière fois avec la tirade North Star, Inverted. Sur ce titre de plus de dix minutes, le groupe laisse oublier après les deux premières le bruit et les cris pour laisser leur place à un joli morceau emo-folk. Défi réussi cette fois, même si lors de ma découverte du morceau j'étais impatient d'entendre les derniers instants de folie de Circle Takes The Square surgir entre deux accords de guitare acoustique.
Circle Takes Square a réussi à sortir, après tant d'années de silence, un album qui a de nouveau pu attirer tout l'intérêt sur eux mais il me semble évident que ce Decompositions : Volume Number One n'est pas du niveau de As The Roots Undo qui a fait la réputation du groupe et lui a conféré une certaine aura.
experimental screamo punk hardcore

Circle Takes The Square