Rezando Al Miedo prend une nouvelle direction. Plus grasse et sombre que sur El Mal Del Bien, l'atmosphère de ce troisième album est bien plus dépressive et proche de la folie. Le disque s'aventure comme l'illustre plutôt bien sa pochette dans l'interaction entre le religieux et l’inconscient de masse. Une orientation artistique qui donne une dimension plus dynamique à la musique de CULTURA TRES qui va puiser jusqu'au Death Metal des années 90 pour alimenter cette ambiance crasseuse.
Plus dur donc, le nouvel album de CULTURA TRES laisse aussi un peu plus de place aux parties instrumentales qui ont fort à faire pour créer ce climat malsain. Par la même occasion, le groupe abandonne bien plus sa musique à l'auditeur qui peut ainsi s'approprier par sa subjectivité un ressenti ou un questionnement autour de l'expression musicale de la formation.
El Mal Del Bien démontrait que l'Amérique latine était elle aussi faite pour la musique dure. Rezando Al Miedo par sa noirceur suggère que l'expression artistique est souvent plus poussée là où la religion domine et où l'oppression écrase. Subversif, le nouvel album rappelle que la forme musicale est un habit sur lequel doit reposer aussi une démarche. CULTURA TRES était déjà paré de beaux atours, le groupe révèle derrière ceux-ci l'essence de son existence. Avec la forme et le fond, la formation vénézuélienne s'en va se loger parmi les groupes qui se démarquent de la masse.

Cultura Tres