Lourd et lent donc, le son des Français a pris du volume pour encore mieux écraser et aplatir mais il a aussi perdu en rugosité de surface. Hic Est Domus Diaboli a été taillé dans la masse mais aussi usé pour le gommer de ses aspérités sans dénaturer la matière. Ce sont donc des compositions aux apparences sonores plus limpides qui ouvrent chaque chapitre avant de sombrer dans des profondeurs plus bruitistes et distordues directement sorties d'esprits malsains.
Impressionnant par ses dimensions et son poids, le nouvel album de CULT OF OCCULT est là pour nous goinfrer jusqu'à la limite du gavage. Les Lyonnais enfoncent jusqu'au coude leur matière Doom-Sludge. Sans ménagement et avec force, l'entièreté de l'album doit nous pénétrer profondément.
Fracassant de sa frappe métronomique l'ambiance claustrophobe, la batterie cadenasse quelque peu le jeu et sa lourdeur. Efficace du point de vue technique et de l'atmosphère créée, elle laisse ainsi le soin aux autres musiciens d'apporter plus de variations nécessaires à un tel pavé.
Afin de tenir la distance sur un album qui pourrait très facilement provoquer une indigestion, et dans le but de développer sa thématique, CULT OF OCCULT développe aussi l'aspect incantatoire et cérémonial de sa musique. La répétition rythmique dans une premier temps. Des éléments rituels psalmodiés ensuite.
Avec moins de trois minutes, l'instrumental DCLXVI apporte un souffle à la fois rythmique et énergique à l'album avant de replonger dans les abysses noires et méphistophéliques.
Autant d'extrêmes sur un seul disque aurait pu s'avérer insupportable. Pourtant faisant preuve à nouveau de maîtrise, plus que de rationalité, CULT OF OCCULT réussit à proposer un album, certes long et pesant, que l'on peut finir bourré mais sans saturation.

Cult of Occult