Le groupe misanthrope propose une musique primaire que l'on pourrait qualifier de régressif Grind-Sludge-Blackened-Doom particulièrement noir et violent. Forgée dans une vision apocalyptique, l'oppression qui s'en dégage est particulièrement dévastatrice pour l'âme.
Le moins que l'on puisse dire est que Scorn est usant. Cris, grognements, larsens malsains et lourdeur excessive ne laissent aucune place à l'humanité et son espoir. Nihiliste à souhait, le disque emmène l'auditeur au plus profond des ténèbres du tourment. L'affliction est mise en avant tout au long des sept titres de Scorn et ce jusqu'au dernier des recoins.
Ponctué d'accélérations et de lourds ralentissements, le disque recule vers une violence élémentaire et défie de ses élans primitifs l'ordre social ou intellectuel. PRIMITIVE MAN renforce par des bruits industriels l'ambiance particulièrement étouffante et glaciale qui se dégage du caractère déshumanisant de sa musique.
Difficile de tenir la longueur tant PRIMITIVE MAN agresse son auditeur. L'écoute se veut éreintante et dévastatrice. Scorn met en lumière l'abjection. Torturé au plus profond de lui-même, l'auditeur perd l'ensemble de ses repères. La notion du beau éteinte, il ne sait plus si il doit fuir un tel disque ou souligner la mise en pièces.
Scorn ne permet pas l'indifférence. L'album remet en question bien au-delà de la forme musicale indigeste. Il provoque et suscite autant de réactions viscérales que de réflexions auto-destructrices sur ses acquis. PRIMITIVE MAN remet la dimension artistique, certes avec beaucoup d'agressivité, au centre de la question musicale.

Primitive Man