Dans sa valise, nous retrouvons sa guitare et ses deux albums à paraitre chez Utech Records, un label basé à Milwaukee ayant déjà sortie quelques efforts de James Plotkin, Philippe Petit, Locrian, Final (Justin K Broadrick) ou même Aluk Todolo, excusez du peu.
Ce label convient parfaitement à Suzuki vu sa capacité à brasser large au niveau stylistique au travers de formations aussi diverses que 20 Guilders et Miminokoto, par exemple. Ces deux albums bien différents l'un de l'autre démontrent à quel point Suzuki Junzo aime explorer différents genres et sonorités.
Au contraire de "Sings II" qui sortira également en décembre, le quatre titres de "Portrait of Madeleine Elster" s'inscrit dans la lignée de "Ode To A Blue Ghost"(2012) où le jeu de guitare s'aventure dans des structures drones, répétitives, hypnotiques et personnelles, laissant libre court à l'improvisation. On retrouve cela avec le titre d'ouverture "When Grey Skies Turn To Blood Red", une session de guitare psyché/drone saturée, à l'intensité progressive, accompagnée par les percussions de Takahashi Ikuro.
Le titre "La Notte" fait de même, dans un esprit plus minimaliste, troquant la saturation de cordes stridantes par des notes nonchallantes à double reverb. Cette "Notte" laisse entrevoir quelques paroles en japonais donnant au morceau une allure d'incantation somnambule. "La Notte" devient ainsi aussi sombre que celle du film du même nom (cf: Antonioni). Notons au passage que Suzuki San est un grand cinéphile.
L'opus se clôture par une longue plage plus aérienne, toute aussi minimale et nonchallante, sur fond de souffles du vent, d'harmonica et de bruitages lointains. Ce morceau, comme les trois autres, dressent le portrait de son auteur (ou de Madeleine Elster), une musique "nomade", vagabonde, dotée d'une puissance "cinématographique" absorbante.
Suzuki Junzo
Locrian
Final
Aluk Todolo