Le groupe étant amateur des artworks graphiques, le choix du support est bien entendu gagnant. D'ailleurs si on se fie à celui de Horror Vacui, on devine que le KITSHICKERS de 2013 est moins léger. Aurait-il fait de mauvaises rencontres dans ses voyages onirico-spaciaux ?
Capable d'enchaîner les chaînons manquants entre les styles au point d'en faire perdre leur latin aux chroniqueurs, le groupe nous avait déjà démontré par le passé son habilité à nous surprendre et à mélanger les genres.
Après plusieurs divagations aventureuses, KITSHICKERS qui n'a rien perdu de son art à distordre les influences, toutefois, il recadre son univers musical quelque part entre un Post-Rock qu'il a toujours travaillé et ses variantes axées sur les atmosphères parfois plus lourdes, parfois plus bourdonnantes. Un homme était d'ailleurs assuré de pouvoir accompagner comme il se doit le souci du détail qui caractérise les Luxembourgeois et l'entrelacement des atmosphères : James Plotkin (KHANATE).
Evidemment Horror Vacui condense différentes références plutôt évidentes dans l'exercice stylistique qui concerne KITSHICKERS allant du Post-Rock devenu classique en passant par le Metal progressif ou par le Post-Core appuyé. L'arrangement presque cinématographique et dramatique est devenu une recette éculée qui n'échappe pas à cette formation.
En laissant de côté ses envolées plus psychédéliques pour privilégier une forme plus prévisible de sa musique, KITSHICKERS aura manifestement perdu en fantaisie mais sans ranger complètement ses surprises. L'intensité de ses compositions plus adultes vient équilibrer la perte d'étonnement. L'émerveillement est avec ce nouvel album, le fruit de la profondeur des ambiances mais attention certains moments peuvent s'avérer aussi glissants qu'un caillou plat et KITSHICKERS est encore capable, quand il se donne la peine de s'énerver, de secouer celui qui prend trop confiance.
Horror Vacui est donc l'album le plus terre à terre de KITSHICKERS qui semble revenir dans notre monde. L'aventure n'étant pas sans danger, il semblerait que KITSHICKERS ait recherché à baliser pour cette fois au moins, ses escapades musicales. Cet album s'exprime avec moins d'extravagance mais aussi avec plus d'assombrissement. Dès lors, ce sont ses compositions les plus dures qui se démarquent à l'écoute de Horror Vacui, une oeuvre gigantesque où la formation ne s'est épargnée aucune explosion de finesse.