KITSHICKERS fait partie des groupes qui rappellent que dans ce Grand-Duché entouré par la Belgique, l'Allemagne et la France, le rock est bien plus présent qu'envisagé spontanément. D'ailleurs, cela va faire vingt ans que ce quartet se réinvente au fil de ses changements de line-up et d'albums.
Enregistré chez eux, au Holtz Studio, III.0 est le septième album de cette formation originaire d'une des plus petites nations d'Europe. Le mastering a été confié à Magnus Lindberg (CULT OF LUNA) et l'artwork, soigné depuis les débuts de KITSHICKERS, une nouvelle fois à Gutz.
A l'ère du règne du numérique, j'ajouterai comme argument pour donner l'avantage au vinyle, que ce dernier, composé de deux disques, est blanc !
La première impression laissée en prenant en mains ce disque rappelle celle du précédent, Horror Vacui. Une impression de beau et une impression d'épaisseur. Comme on retrouve le même personnage que sur le précédent disque, dans la même posture méditative, on devine une continuité entre ces deux disques.
Elle est au moins stylistique. Toujours omnivore d'influences, KITSHICKERS se classe périlleusement dans un fourre tout qui lie Post-Rock, Post-Metal, Doom, Post-Apocalypse, Psyché et Emo.
III.0 marque aussi la rupture avec son prédécesseur, plus conceptuel. En 2015, KITSHICKERS a engagé un chanteur principal. De fait, le chant prend une place prépondérante dans la composition des titres. D'autant que Yann Dalscheid (AN APPLE A DAY) ne se cantonne pas à un seul registre vocal.
Le deuxième disque de III.0 vient s'intercaler entre la suite et le virage opéré. En effet, III.0 est composé de six chapitres. Chantés sur le premier disque, instrumentaux sur le deuxième. Comme deux versions de l'album pour à la fois plaire à ceux qui aiment ce nouveau KITSHICKERS plus comparable à THE OCEAN et ceux qui affectionnent la version plus singulière et éthérée.

