Dès le premier album des Bruxellois, le sitar s'était imposé comme la clé de voute de la formation. Sans être présent tout au long des compositions, cet instrument, érigé en emblème, a conditionné l'étiquette accolée à THE NARCOTIC DAFFODILS. Et ce fameux sitar, on le retrouve dès Surfer Boy, la deuxième composition de l'album.
Cellex se veut à la fois tendre et brutal. Un mélange supplémentaire au Rock-Psyché pourtant déjà bien métissé par des influences orientales, modernes, 60's et 70's. Light Dry Gordon ouvre cet album en force. Trop brutalement d'ailleurs avec ses accents Punk et Garage obligeant Irène à forcer vocalement. Million Dollar Baby vient au contraire équilibrer cette dualité annoncée. Le titre reste énergique mais la retenue permet au groupe de mieux se positionner.
Weathered, Sun For The Rest et Go Love forment un long moment d'accalmie. Chacune des compositions emprunte des chemins diverses en donnant un coup de ralentisseur assez conséquent à l'album. Weathered prend ainsi des accents de l'Est. Son tempo ralenti donne une tonalité aussi théâtrale à ce morceau expressif. Sun For The Rest bénéfice d'arrangements méticuleux qui se partagent entre ces influences 60's et un monde moderne sensible à la PORTISHEAD. Si Go Love vous donne envie de remettre des chemises à fleurs, c'est que le titre rappelle effectivement ces moments post-hippies où le psychédélisme commençait à emmener les musiciens vers des compositions plus techniques à l'orée du Prog-Rock à venir.
Entre ceux-ci, The Barber se fait angoissant par une intro plombée avant de monter en progression son intensité. Le titre avoisinant les huit minutes se permet plusieurs lectures successives en apportant un coup de fouet ou en jouant la carte d'une fragilité sinueuse.
C'est dans ces moments plus retenus que THE NARCOTIC DAFFODILS s'exprime au mieux. Si les passages plus clames restent selon moi, moins épicés, lorsque le groupe décide d'envoyer avec plus de fermeté sa sauce, il arrive à sortir d'une somnolence guettante, l'auditeur (Shout).
Techniquement, THE NARCOTIC DAFFODILS n'a pas besoin de s'aventurer dans des compositions trop dures et expéditives qui risquent de mettre en difficultés ces musiciens. On entend les guitares peiner à nous sortir un son massif dans cet exercice. Par contre, lorsque les Bruxellois trouvent un juste milieu entre la caresse et l'énergie, ils s'avèrent en place et sensés dans le mélange proposé.
Cet album, deuxième exercice plutôt concluant malgré quelques faiblesses notées, se termine sur Jolyne. Cette composition gracieuse, enregistrée à la basilique St-Hubert, fait exception parmi les penchants hypocoristiques deTHE NARCOTIC DAFFODILS grâce à une intensité naturellement posée derrière ses accords caressés et ses vocaux vaporeux.
