Avec un chanteur à la voix gutturale profonde à souhait - on avait déjà découvert Alex Teyen sur Embryonic Fetish, un morceau du dernier album d'Infant Annihilator, The Palpable Leprosy Of Pollution - le groupe a toutes les armes en mains pour nous envoyer du lourd et même du très lourd et c'est bien ce qu'il est décidé à faire si on en croit l'intro Foreshadow et ses quelques secondes de chant acapella, suivi des premiers martèlements de batterie de Waste. Ca joue grave, ça joue lent, ça joue fort. Le chant d'Alex Teyen est varié, et se promène dans les variations (de grave à très très grave) de sa voix. Le groupe réussit l'exploit de jouer une musique lourde et malsaine sans donner l'impression de s'embourber. La fin de Waste présente un passage qui tourne à moins de cinquante battements par minute, quelques secondes complètement hypnotiques qui suffisent à m'accrocher complètement à cet EP.
Les breaks laissant place à la voix seule sont fréquents et cassent le rythme tout en apportant une grosse dose d'intensité. Passant du beatdown au death-metal et du sludge au doom au sein du même morceau, Black Tongue profite de l'expérience de ses membres pour explorer tout ce qui se fait de plus sombre dans le metal de manière terriblement cohérente. Aidée par des larsens survolant les passages plus calmes (on s'entend...), l'atmosphère ne redescend jamais tout au long de cet EP impressionnant de puissance. A l'image de Coma, premier single issu de Born Hanged, sur lequel le groupe anglais nous sert une nouvelle fois un passage au tempo honteusement lent et percutant.
Les adjectifs manquent pour qualifier Born Hanged tant l'EP est réussi. Black Tongue se place instantanément parmi les meilleurs combos de musiques lourdes, toutes confondues, en innovant superbement chacun de ces genres.
sludge post hardcore doom beatdown
Infant Annihilator